La Rousseur… pointée du doigt

Extrait de la BD « La Rousseur… pointée du doigt » de Charlotte Mevel (Delcourt, 2021)

Couverture de la BD « La Rousseur… pointée du doigt » de Charlotte Mevel (Delcourt, 2021)

Scénario et dessin : Charlotte Mevel
Éditeur : Delcourt
Sortie : 17 février 2021
Genre : Autobiographie, Humour

Dans La Rousseur… pointée du doigt, Charlotte Mevel part de son expérience pour évoquer les préjugés auxquels font face les personnes rousses. De la biologie à la pop culture en passant par l’histoire, elle explique non sans humour la façon dont la rousseur continue de fasciner : pour le meilleur et pour le pire !

Un récit personnel…

Charlotte Mevel est une vraie rousse, mais ces parents ne le sont pas. Qu’en sera-t-il de ses enfants ? Et pourquoi cela aurait-il une quelconque importance ? La naissance de son fils va conduire l’autrice à s’interroger sur la place de la rousseur dans sa vie, son identité… et surtout sur la façon dont elle est perçue par les autres. Dès la naissance, elle s’aperçoit que les bébés roux sont traités de manière différente des autres et qu’on leur offre par exemple un tas de cadeaux particulièrement évocateurs (la petite « poule rousse », les « poils de carottes », les « renards »…). Mais d’où viennent donc ces stéréotypes ?

… qui est aussi un essai sur les « mythes » de la rousseur

La Rousseur… pointée du doigt est bien plus qu’une bande dessinée autobiographique. Mevel nous emmène avec elle dans une enquête qui interroge la biologie, l’histoire, la sociologie et les arts pour explorer les différentes facettes de la rousseur dans la culture occidentale. Cette approche didactique n’est d’ailleurs pas sans humour. Outre les considérations chromosomiques et la capacité des roux à synthétiser la vitamine D, on apprend qu’au XIIIe siècle, le roi Louis IX (« Saint-Louis ») ordonna aux prostituées de se teindre les cheveux en roux pour qu’on puisse les distinguer des femmes respectables, ou encore qu’Hitler avait interdit le mariage entre roux pour éviter toute « dégénérescence » de la race allemande.

Le dessin de Mevel alterne entre des cases bien rectilignes et de belles illustrations de pleine page. Les tonalités orange sont mises en valeur par différentes nuances de gris et par des effets d’aquarelle très légers. Du blond vénitien à l’auburn, la palette de couleurs comme le contenu jouent avec la diversité des rousseurs et s’en amusent, tout en dénonçant la violence des insultes et le caractère néfaste de certains préjugés persistants.

Un livre qui célèbre le droit d’être différent à lire par les roux… et par tous les autres !

A propos Soraya Belghazi 200 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine