La petite fille qui en savait trop, une plongée dans le Bruxelles des années 70

Titre : La petite fille qui en savait trop
Auteur : Peter May
Editions : Rouergue
Collection : Rouerge noir
Date de parution : mai 2019
Genre : Roman policier

Déjà connu pour sa trilogie écossaise, Peter May nous revient avec un thriller psychologique et politique dont l’action se déroule à Bruxelles. Ecrit en 1981, l’action de la petite fille qui en savait trop se déroule à l’époque de l’entrée de la Grande Bretagne dans la communauté européenne. Quarante ans après les faits, et à l’heure ou les éditions du Rouergue sortent ce livre inédit en français, il est ironique de constater que c’est de la sortie des Britanniques que l’on parle à présent dans les journaux.

Bruxelles, 1979. A quelques mois des élections générales en Grande Bretagne, Neil Bannerman, un journaliste d’investigation écossais est envoyé dans la capitale de la communauté européenne, dans le but de mettre son nez dans ce qui, de l’autre côté de la Manche, est considéré comme un sac de nœuds bureaucratique. C’est sans compter sur Kale, un tueur professionnel qui a rejoint le continent pour une exécution.

Si la trilogie écossaise de Peter May avait pu servir de catalyseur pour le tourisme sur l’île de Lewis, ce ne sera certainement pas le cas pour Bruxelles avec La petite fille qui en savait trop. Neil Bannerman y arrive en plein hiver, avec toute la compassion de ses collègues qui le voit partir pour le bagne. L’auteur nous décrit avec de nombreux détails l’ambiance triste et mélancolique de la ville, et en tant que lecteur belge, on peut facilement s’imaginer en décembre, lorsque la pluie et la neige fondante se disputent le monopole du ciel gris. Il est d’ailleurs fort intéressant de comparer, avec 40 ans d’écart, la petite ville de province de l’époque, encore refermée sur elle-même, avec la capitale cosmopolite de 2019.

La petite fille qui en savait trop présente un bon équilibre entre thriller psychologique et politique. L’auteur n’insiste pas de manière outrancière sur les jeux de pouvoir et les arrangements au sein de l’appareil communautaire, mais présente plutôt l’histoire d’un homme ordinaire face à des événements qui le dépassent. Ce sont donc les interrogations, les doutes et les coups de colère de Neil Bannerman qui font progresser l’intrigue plutôt qu’un Deus Ex Machina.

Au final, la lecture de La petite fille qui en savait trop est agréable et l’on dévore le roman avec un grand intérêt. Contrairement à la plupart des romans policiers, l’intrigue ne se déroule ni dans une petite ville américaine, ni à Paris. Les lecteurs belges devraient donc en profiter pour se plonger dans une ambiance familière.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine