La guerre après la dernière guerre : noir et glaçant

Couverture du livre "La guerre après la guerre" (Actes Sud, 2019)

Titre : La guerre après la dernière guerre
Auteur : Benedek Tótth
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : octobre 2019
Genre : Roman

Second roman de l’auteur hongrois Benedek Tótth, La guerre après la dernière guerre, est une œuvre post-apocalyptique puissante qui glacera le lecteur par la noirceur de ses descriptions ainsi que par la vraisemblance de la réalité qu’il décrit.

Un voyage en enfer

Dans le huis clos infernal d’une ville ravagée par la guerre nucléaire qui oppose Russie et États-Unis, un jeune garçon erre à la recherche de son jeune frère Théo. L’adolescent avait quitté le refuge où il avait trouvé abri avec ses amis pour aller décrocher, par curiosité plus que par compassion, un parachutiste américain blessé, suspendu aux poutres d’une maison éventrée. À son retour, le refuge a été bombardé et ses amis sont morts. Flanqué du parachutiste, avec la crainte permanente de rencontrer des soldats ou des mutants irradiés évadés de la “Zone rouge”, le narrateur se met en quête de son frère, sous les bombardements et les tirs d’armes automatiques.

Une guerre sans fin

La guerre après la dernière guerre est une fable sombre, une descente aux enfers dans un monde qui a perdu presque toute trace d’humanité. A la lecture de ce récit, on réalise l’absurdité de la guerre, des combats qui se poursuivent au-delà de l’entendement, lorsque tout a été détruit et qu’il n’y a plus rien à gagner. En vagabondant, l’esprit du lecteur fera sans doute des parallèles avec les guerres récentes et ces images de désolation où les bombes tombent encore alors qu’il nous semble que tout a déjà été détruit.

La guerre après la dernière guerre, c’est un récit de voyage où peu à peu toute trace de civilisation a disparu et où le lecteur peine à distinguer ce qui est encore réel dans ce qui ressemble de plus en plus à un cauchemar éveillé du narrateur.

Au final, l’auteur nous offre un récit percutant sur l’absurdité et la violence de la guerre. Peu importe que celui-ci soit le cauchemar et les derniers délires d’un adolescent pris dans la violence de la guerre ou une tentative d’échapper à celle-ci pour se reposer un instant, La guerre après la dernière guerre restera gravée dans la tête du lecteur pour un long moment.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 95 Articles
Journaliste du Suricate Magazine