Grimsby en DVD/Blu-Ray depuis le 10 août

Mark Strong and Sacha Baron Cohen in Columbia Pictures' THE BROTHERS GRIMSBY.

Après avoir squatté les salles obscures début 2016, Grimsby est de retour en DVD (depuis le 10 août 2016). Quelques petits bonus viennent « égayer » le film dont la réception critique fut plus que mitigée, même si une partie du public, fidèle à Sacha Baron Cohen, a tout de même rapporté quelques 25 millions de $ à travers le monde. Comme quoi, la bêtise rapporte toujours…

Sur le DVD, deux bêtisiers (un euphémisme au vu du film) s’avèrent peut-être plus drôles que la plupart des vannes du film et le making of offre un décalage par rapport à cette comédie d’action trop « gratuite » envers les blagues puériles et sexuelles.

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La critique (Guillaume Limatola)

Nobby, habitant de Grimsby, « ville jumelée avec Tchernobyl », retrouve son frère Sebastian après 28 ans de recherches. Ce dernier n’est autre qu’un des espions les plus estimés du MI6 et va entraîner son ainé dans une aventure dangereuse, de laquelle pourrait bien dépendre le sort de la planète.

Que tous ceux qui apprécient le Sacha Baron Cohen de Borat et Brüno, c’est à dire porté sur la satire sociale, se rassurent. En fait, non, qu’ils ne se rassurent pas. Du tout. L’acteur-scénariste vient ici rappeler qu’il était également derrière Ali G. Libéré depuis The dictator de la forme mêlant éléments scénarisés et caméra cachée qui le caractérisait depuis deux films, il appuie à fond la pédale de la comédie régressive.

Les amateurs de bon goût peuvent d’ores et déjà se le dire, ce film n’est pas fait pour eux. Même s’il se dessine en filigrane un portrait sympathique d’une frange de le population anglaise, celle grâce à qui « les Fast and furious sont un succès en salle », et que Donald Trump a le droit à une petite pique au passage, la majeure partie de Grimsby fait la part belle à l’humour sous la ceinture et aux vannes bas de plafond, avec plus ou moins de réussite. Certains gags s’avèrent ainsi franchement drôles, tandis que d’autres se révèlent parfaitement navrants. De quoi enthousiasmer les amateurs de teen comédies débridées à la « American pie presents » (soit les direct to video vaguement dérivés de la série mère). En particulier les fans de la séquence dite « du viol par l’élan » de Book of love (John Putch, 2009), ici totalement surpassée par une scène immonde avec des éléphants.

La présence de Phil Johnston, scénariste sur Le monde de Ralph et Zootopie, au co-scénario pourrait avoir de quoi surprendre. Néanmoins, elle trouve sa justification dans l’aspect cartoonesque hardcore que revêt le long-métrage, dans lequel les orifices corporels revêtent toutes sortes de rôles inattendus.

Le tout est dopé par la réalisation énergique et impudique de Louis Leterrier, un habitué des films d’action. Si son CV laisse à première vue perplexe, et qu’on a bien du mal à l’imaginer s’essayer à la comédie, il faut cependant reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien, réussissant à harmoniser action et humour, laissant même une (très) petite part aux sentiments, en s’intéressant au destin des deux frères, séparés à leur plus jeune âge. Sans compter qu’il ménage quelques moments réellement impressionnants, à l’image d’un générique en vue subjective qui donne le tournis.

Sachant qu’il est assez rare de voir un tel film bénéficier d’une sortie en salle, et non passer par la case DTV, Grimsby fait office d’OVNI. Avis aux amateurs.

Quentin Geudens
A propos Quentin Geudens 95 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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