KFF 2018 : « Dark Figure of Crime », chronique d’un jeu de piste

Dark Figure of Crime
de Tae-gyun Kim
Thriller
Avec Yun-seok Kim, Ji-hoon Ju, Jung-Hee Moon

En octobre 2018, est sorti sur les écrans coréens Dark Figure of Crime, co-écrit et réalisé par Kim Tae-gyun. Mercredi 21 novembre, les spectateurs du festival du film coréen de Bruxelles ont eu l’occasion de voir ce film, inspiré de faits réels.

Hyung-Min (Kim Yoon-Seok) est un inspecteur de police qui ne vit que pour résoudre des affaires criminelles. Avec l’aide d’un informateur, il rencontre Tae-oh (Ju Ji-Hoon) qui prétend avoir été engagé pour enterrer quelqu’un il y a 10 ans. Juste au moment où il est sur le point d’avouer où il a enterré le corps, il est arrêté pour un autre meurtre. Un mois plus tard,  il recontacte Hyung-Min et lui confesse qu’il a en réalité tué 7 personnes et lui fournira plus de détails si l’inspecteur lui rend visite. Commence alors un jeu de piste où vrais et faux indices, coups de bluff et humiliations vont rythmer la relation entre les deux hommes.

A l’image du personnage principal, la mise en scène est méticuleuse et s’attache à relater chaque étape de la partie d’échecs que se livrent les deux protagonistes. Kim Yoon-Seok est crédible en inspecteur zélé mais ne suscite néanmoins pas un grand enthousiasme. Quant à Ju Ji-Hoon, c’est à dessein que son personnage est antipathique et vantard. Il est donc assez difficile de s’attacher aux personnages et c’est sans doute la raison pour laquelle on suit patiemment la reconstitution des faits sans jamais vraiment être emporté par le récit.

Basé sur des faits réels, le film a fait forte sensation à sa sortie en Corée du Sud, celle-ci ayant même fait l’objet d’une décision judiciaire. C’est sans doute une raison qui explique l’intérêt dont il a fait l’objet dans son pays d’origine. Malheureusement chez nous, si on sort le film de son contexte, on se retrouve face à un récit qui a certes le mérite de parler d’un sujet grave (les meurtres non déclarés et non résolus), mais que l’on déconseillera à ceux qui dans Dark Figure of Crime auraient pu voir un nouveau Silence of the Lambs ou Cold Case à la sauce coréenne. Dès lors, on le conseillera à ceux qui aiment voir patiemment chaque pièce du puzzle s’imbriquer pour former une histoire cohérente et empreinte d’une grande humilité.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine