Ecolila, les mots d’un père à sa fille

Scénario et dessin : François Olislaeger
Éditeur :  Actes sud
Sortie : 09 novembre 2019
Genre : Roman graphique

Présenté en sélection officielle au festival de la bande dessinée d’Angoulême 2020, Ecolila est une fable sur le rapport entre l’homme et la nature. A une époque où le changement climatique est sur toutes les lèvres, même si tout le monde ne se sent pas encore concerné, cet ouvrage, paru aux éditions Actes sud, pose la question de la transmission aux générations futures.

Que devons-nous faire, sachant que ce sont nos enfants qui subiront de manière disproportionnée les effets du changement climatique? Quelles actions entreprendre et surtout comment communiquer avec eux? Pouvons-nous leur faire porter cette charge culpabilisante ? Comment les conscientiser sans les angoisser ? Ecolila c’est les mots d’un père à sa fille, ses inquiétudes mais aussi ses souvenirs d’une vie proche de la nature. C’est une tentative intime et touchante de réponse.

Deux parties, le constat et les solutions

Dans la première partie, Lila et son père profitent de leurs rares moments ensemble et nous les suivons dans leur errance commune. Chaque page laisse entrevoir les interrogations de Lila, les réponses et les doutes du père, le tout se mélange et prend vie à travers des dessins en noir et blanc ouverts et libres qui se répondent l’un l’autre, perméables, tels des vases communicants. Puis, la couleur arrive, le noir et blanc est balayé par des planches colorées et riches, Lila y déambule solitaire, elle se reconnecte à la nature, elle y apprend la beauté de cette dernière et revient vers son père, porteuse de tout ce changement.

Dans la deuxième partie, c’est le temps des solutions, des prises de conscience et des possibles. Le lecteur ne doit pas s’attendre à un happy-end ou un deus-ex-machina qui viendrait résoudre le problème d’un coup de baguette magique. La fin est lucide quant à l’avenir qui attend les générations futures, elle ne fait pas l’impasse sur les dysfonctionnements qui existent mais elle apporte ce qui est indispensable à tout changement, l’espoir.

Une note d’espoir

Jolie lecture à la fois légère et grave. Légère parce qu’il est doux de passer cette journée avec un père et sa fille, de voir leur complicité et leur amour, grave parce que l’urgence climatique n’est plus un monstre mythologique mais un monstre réel. Et que même si la nature fera très bien sans nous, nous ne pouvons pas faire sans la nature, alors il serait temps de s’en inquiéter et d’en prendre soin, pour nous maintenant, pour eux après.

Elodie Kempenaer
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