Doom Patrol (Saison 2), le long de la route de briques jaunes

Doom Patrol
(Saison 2)
de Jeremy Carver
Drame, Fantastique, Action
Avec Diane Guerrero, April Bowlby, Joivan Wade
Sorti en DVD le 17 mars 2021

Après une première saison pleine de rebondissements surréalistes, la Doom Patrol est de retour pour de nouvelles aventures encore plus phénoménales !

Et le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle série de neuf épisodes est encore plus audacieuse que la précédente. Nous irions même jusqu’à dire encore plus abordable aussi, bien qu’il soit difficile de dire à quoi cela est dû : sommes-nous désormais habitués à cet univers au point d’y être plus réceptifs, ou bien l’intrigue est-elle plus accessible ?

Quoi qu’il en soit, cette seconde saison est réellement excellente et contient tous les ingrédients pour surpasser la première. Avant tout, on appréciera la présence plus importante de Timothy Dalton au casting. Le scientifique cynique de la précédente saison laissera ici sa place au géniteur, et l’on découvrira une nouvelle facette du Dr. Niles Caulder.

Père d’une petite fille dotée de pouvoirs capables de détruire le monde, le Chef fera tout pour protéger celle-ci, tandis que Robotman, Elasti-Girl, Negative Man, Crazy Jane et Cyborg continueront à lutter contre leurs propres démons.

Mais là où les quinze premiers épisodes mettaient ces protagonistes en présence de leur passé, cette nouvelle saison les verra principalement évoluer dans leur rapport aux autres. Ainsi, Robotman (Brendan Fraser) et Negative Man (Matt Bomer) seront amenés à revoir leurs familles, cherchant à assumer leur rôle de père, tandis que Cyborg (Joivan Wade) cherchera à trouver l’amour en dépit de ses cicatrices. De leur côté, Elasti-Girl (April Bowlby) et Crazy Jane (Diane Guerrero) chercheront à se reconnecter avec elles-mêmes : Elasti-Girl en renouant avec le théâtre et en cherchant à maîtriser ses pouvoirs, Crazy Jane en cherchant à concilier ses multiples personnalités.

Mais cette seconde saison parviendra néanmoins à entrer rapidement dans le vif du sujet, là où la précédente devait prendre le temps d’installer pleinement ses personnages et son intrigue.

Derrière ces problématiques montrant à quel point il est difficile pour ces « inadaptés » de mener une vie normale en compagnie de leurs familles, nous verrons surtout à quel point ils ont besoin les uns des autres, créant une famille de substitution en dépit de leurs différences.

Cela transparaitra principalement dans le quatrième épisode de la série, merveilleuse métaphore sur la différence et les rapports humains. Cet épisode constitue probablement le pinacle de cette seconde saison tout en résumant à lui seul l’esprit Doom Patrol. On y trouvera ainsi tour à tour les différents personnages peuplant cet univers, ainsi qu’un sympathique passage musical rappelant Le magicien d’Oz – la fille du Chef, personnage central de cette saison 2, ne s’appelle pas Dorothy pour rien !

Mais on y verra surtout les SeX Men, sorte de police secrète intervenant face aux situations sexuelles paranormales. Ces SOS Fantômes du sexe constitueront l’un des passages les plus hilarants de ce quatrième épisode et de la saison tout entière.

Cet épisode – comme l’épisode 3 – montre à quel point la série peut user de surréalisme et se montrer audacieux tout en restant pourtant facile d’accès !

En résumé, cette seconde saison de Doom Patrol s’avère légèrement plus accessible que la première, tout en restant aussi divertissante et surréaliste. On appréciera l’originalité du scénario, la subtilité de l’humour et l’entrée en scène de différents antagonistes hauts en couleur comme le Dr. Tyme, Red Jack ou encore le Ténébreux Mr. Evans. Qu’on aime les Comic Books ou non, cette série s’avère finalement être l’une des plus rafraîchissantes qui soient, avec son casting solide, ses intrigues alambiquées, ses thématiques humaines et son décalage inattendu.

A propos Alexandre Alvarez 199 Articles
Journaliste du Suricate Magazine