De la beauté au Rideau

De Pascal Crochet, avec Anne-Rose Goyet, Thierry Lefèvre, Elisa Lozano Raya et Boryana Todorova

Du 24 février au 14 mars 2015 à 20h30 au Rideau de Bruxelles

De la beauté attire notre attention sur un club de quatre amateurs, plutôt même quatre passionnés d’art qui se retrouvent pour parler de la beauté, s’y aventurant jusqu’à l’illumination. Le spectacle commence par une digression sur la beauté, chacun des protagonistes énonçant les citations s’y rapportant de Platon à Goethe en passant par Socrate, dans un émerveillement ahuri en se laissant pénétrer de ces leurs mots éternels. On assiste à une suite de différents plans, où l’on retrouve nos passionnés s’amusant soit seuls en tentant de se mettre à la place du personnage central d’une œuvre et de copier sa position et son expression, soit tous ensemble décorant leur lieu de réunion avec des représentations d’œuvres d’art ou nous offrant un ballet de cadres vides. Ce qu’ils ramènent à leurs réunions relève surtout du bric à brac mais grâce à  eux, il sont élevés au rang d’objet précieux. On passe de leurs expériences ayant lieu la journée à leurs réunions se déroulant la nuit. Les personnages, un rien désuets, sont pétris de bonnes intentions dans la recherche de leur idéal de beauté et en deviennent attachants.

Mais qu’est-ce que la beauté ? Le beau est un mot très compliqué à définir car il aura une définition différente pour chacun d’entre nous. C’est bien connu : « les goûts et les couleurs ne se discutent pas ». Pourtant, si cette maxime évite surtout à ce que les amateurs se tapent dessus à coup de pinceaux et de palettes enduites de peinture à l’huile, les avis divergents permettent cependant de se nourrir, de partager, de faire évoluer nos propres idées. A nos yeux, la laideur ne mérite pas le nom de beauté. Pourtant, l’intention d’un artiste est d’exprimer un sentiment, ce sont les autres qui décident d’élever leur travail au rang d’œuvre d’art. La beauté est donc un concept tout à fait subjectif et c’est ce que cette pièce tient à mettre en lumière.

Les décors sont très bien réalisés et l’espace en est totalement exploité. La mise en scène est dynamique et bien étudiée avec une foule d’objets qui sont utilisés notamment des cadres vides, des photographies, des bouquins, un escabeau pliant, etc. Les acteurs sont bons et fonctionnent bien ensemble.

Le résultat est cependant un peu mitigé car si les moments où les acteurs jouent ensemble sont très drôles, les moments intermédiaires sont un peu ennuyeux. On ne comprend pas bien où le metteur en scène veut en venir ni ce que cela apporte à la pièce même si le fil rouge est toujours cette recherche de la beauté.

Mais il s’agit d’un spectacle sympathique qui nous fait réfléchir sur un thème qu’on exploite peu au théâtre : une bonne bouffée d’air frais, ça nous change !

Photo: © Emilie Lauwers

Daphné Troniseck
A propos Daphné Troniseck 250 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.