Concert du Capriccio Stravagante Les 24 violons au Bozar

Skip Sempé a dirigé ce samedi 10 mai au Palais des Beaux-Arts le Capriccio Stravagante Les 24 violons, ensemble de musique renaissance et baroque qu’il a fondé en 1986 et qui rassemble des musiciens d’Amérique, d’Europe et du Canada.

Cet ensemble joue notamment des œuvres de Bach, Lully, Buxtehude, Haendel, Monterverdi ou encore Purcell.

Les 24 violons tirent leur nom des 24 violons du roi, premier orchestre d’instruments à corde ayant existé à la cour de France de 1577 jusqu’en 1761. Le Capriccio Stravagante est composé de huit dessus de violon, cinq haute-contre de violon, deux taille de violon, deux quintes de violon et enfin huit basse de violon.

Certaines de ces familles de violon ont disparu depuis le XVIIIe siècle et leurs différences résident dans leurs diversités harmoniques propres à chaque famille.

L’orchestre est également complété par des instruments à vent (deux flûtes, deux hautbois, deux bassons et deux cors) ainsi que des timbales et un orgue.
Cet impressionnant ensemble musical était accompagné vocalement par le Collegium vocale Gent fondé en 1970, qui se produit régulièrement avec de nombreux orchestres et possède une discographie abondante.

Cet ensemble vocal est constitué de quatre soprani, quatre alti, quatre ténors et huit basses. A cela s’ajoute quatre solistes : la soprano Judith Van Wanroij, le haute-contre Robert Getchell, le ténor Juan Sancho et la basse Lisandro Abadie.
Qu’ont donc présenté tous ces artistes ? Et bien cette soirée était placée sous le thème du Service funèbre de Rameau. Nullement mélancolique et morbide, les œuvres choisies reflétaient au contraire le faste et la grandeur du baroque.

Le concert s’est ouvert avec La messe des morts de Jean Gilles (1668-1705), qui donne directement le timbre royal par son introduction toute en timbales. Seul le chant s’attardant sur un Requiem eterna permet de saisir le sujet funèbre de cette pièce.

Le deuxième mouvement, Kyrie, est quant à lui beaucoup plus mélancolique et fait ressortir plus de tristesse dans le chant.

La représentation se poursuit ensuite avec un Hommage à Rameau, de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) pour revenir ensuite à la Messe des morts.

Il s’en dégage encore une impression de majestueux et royal de part le nombre de voix et d’instruments. Le second Hommage à Rameau est beaucoup plus triste et lent que le premier, comme l’indique son titre : Aria « Tristes apprêts, pales flambeaux ».

Cet alternance d’hommages à Rameau et de passages de la Messe des morts de Jean Gilles ne perturbe nullement la continuité et la logique de la représentation. Typiquement baroque, la messe de morts de Jean Gilles a le mérite de casser les a priori sur ce genre d’œuvres et de laisser exploser la majestuosité et le faste baroque.

Déborah Lo Mauro
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