Cabaret au Théâtre National

Livret : Joe Masteroff | Musique: John Kander | Paroles : Fred Ebb | D’après la pièce de John Van Druten et l’histoire de Christopher Isherwood | Mise en scène : Michel Kacenelenbogen | Chorégraphe : Thierry Smits | Avec : Taïla Onraedt (Sally), Steve Beirnaert (Emcee), Baptiste Blampain, Guy Pion, Delphine Gardin, Daphné D’Heur, Nitya Fierens, Jolijn Antonissen, Leonor Bailleul, Antoine Guillaume, Steven Colombeen, Damien Locqueneux, Bruno Mullenaerts, Floriane Jamar, Anthony Sourdeau, Sarah Delforge | Trompette : Pauline Leblond / Saxo Alto : Gilles Carlier / Saxo Tenor : Mathieu Najean / Trombone : Julien Guilloux / Basse : Cédric Raymond / Piano : Julie Delbart / Percussions : Toine Cnockaert / Guitare, Banjo : Jo Mahieu

Durant la période de l’Entre-deux-guerres, la vie est palpitante à Berlin. Pour exorciser les horreurs de la Première Guerre mondiale, les gens s’enivrent et se grisent dans un tourbillon de fêtes à l’esprit débridé qui prennent corps dans les cabarets où le style burlesque obtient un énorme succès.

Clifford Bradshaw, jeune écrivain américain aussi volage que peu inspiré, s’établit dans la pension de Mme Schneider dans le but d’écrire un roman. Mais dès le premier soir, c’est une autre muse, la vedette du Kit Kat Cabaret, Sally Bowles qu’il rencontre. Dès le lendemain, elle débarque chez lui avec armes et bagages. Lorsque Clifford apprend qu’elle est enceinte, ils décident de garder l’enfant. Tout semble aller pour le mieux mais à l’occasion de la fête de fiançailles de leur hôtesse avec un de ses pensionnaires Mr Shultz, une connaissance de Clifford, Maximillian von Heune, nazi notoire, sème le trouble lors dans l’assemblée parce que Mr Shultz est juif.

Dès lors, avec la montée du nazisme et l’ombre d’une nouvelle guerre qui se profile, les emplois se font rares et les destins prometteurs se brisent, les différences qui autrefois liait les personnages les éloignent, jusqu’à leur faire prendre des décisions pour leur propre survie desquelles, malheureusement, ils ne se remettront jamais.

Cabaret est une comédie musicale venant du film du même nom sorti en 1972 avec Liza Minnelli en tête d’affiche. Les musiques, très connues et entraînantes, créent un contraste étonnant avec la thématique sombre et dérangeante qui y est abordée. Celles-ci sont jouées par un véritable orchestre qui prend place au-dessus de la scène. Rythmées par des chorégraphies déjantées et des chansons qui restent en tête, cette production vaut le déplacement même si l’épilogue en est affreusement déprimant. La mise en scène est parfaitement réglée et le jeu des décors, précis.

Cabaret est une comédie musicale qui se révèle finalement très actuelle puisque, comme les derniers événements le prouvent, on n’est jamais à l’abri d’une montée en puissance de l’extrême droite. Tout cela nous rappelle qu’il faut faire attention à ses choix car les conséquences à long terme peuvent être désastreuses et couter la vie à des millions de personne.

« Willkommen, Bienvenue, Welcome… » dans un spectacle intemporel qui s’il n’est pas magique nous plonge dans une réalité qui fait froid dans le dos avec pour toile de fond la fin des heures débridées des années folles d’une jeunesse qui cherchait à oublier ses cauchemars dans les cabarets.

Daphné Troniseck
A propos Daphné Troniseck 249 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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