Benzinho, les déboires ordinaires d’une mère courage brésilienne

Benzinho

de Gustavo Pizzi

Drame

Avec Karine Teles, Adriana Esteves, César Troncoso, Mateus Solano, Konstantinos Sarris

Sorti le 5 septembre 2018

Alors qu’elle va obtenir un diplôme et qu’elle tente de trouver un travail stable, Irene, mère de famille brésilienne, doit composer avec les fins de mois difficiles, une maison qui tombe en morceaux, un mari rêveur, une sœur battue par son mari et un fils sportif sur le départ pour l’Allemagne.

Chronique du quotidien d’une famille brésilienne, Benzinho (mon chéri, en français) se focalise donc principalement sur le point de vue de la mère et propose une variation sur le thème du feel-good movie indépendant sur la famille. Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater la sélection du film au festival de Sundance, tant il semble avoir été coulé dans ce moule-là, dans ce type de formatage.

S’il n’épargne aucune description de tous les petits tracas du quotidien possibles et imaginables, aucune complication ni aucun obstacle balancé de manière presque arbitraire sur la route de cette mère courage incarnée en mode « performance » par Karine Teles, Benzinho ne manque pas, au final, de verser dans un sentimentalisme de bon aloi, frisant le chantage affectif. Effectivement, lorsque l’on est témoin une heure et demie durant de déboires ordinaires accumulés ainsi par une seule personne, on est presque obligé de verser une petite larme à la fin quand les choses semblent ne pas si mal finir pour elle.

Le film soulève bien évidemment en filigrane des questions quant à l’état de la société brésilienne, de son économie et de sa bureaucratie. Il n’est en cela pas totalement inintéressant, mais il est fondamentalement difficile d’y trouver une consistance esthétique, quelque chose de transcendant au-delà de problématiques socio-politiques (très) sous-jacentes ou de bons sentiments consensuels.

Dans nos salles, ce type de films très « world cinema » traînent avec eux une certaine saveur exotique, laquelle ne va malheureusement ici pas plus loin qu’un plaisir basique et assez inepte de contempler des images saturées par la lumière du soleil ou d’entendre les sonorités toujours délicieuses de la langue portugaise.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine