Vieil au théâtre de la Balsamine

Texte et mise en scène de et avec Jean Le Peltier

Du 22 octobre au 24 octobre 2014 à 20h30 au Théâtre de la Balsamine

Toujours dans le cadre du festival Nos petites Madeleines, le foyer du théâtre de la Balsamine, dont le mur du fond est recouvert de rouleau de papier blanc pour l’occasion, nous offre une représentation poétique avec Vieil, une pièce créée et interprétée par Jean Le Peltier.

Cette représentation, présentée sous la forme d’un one-man show décalé, démarre sur une note triste. Ive aimerait nous raconter un évènement qui est arrivé dans sa vie lorsqu’il la partageait avec son amour aujourd’hui disparu. Il nous apprend alors qu’un géant s’était allongé à côté de chez lui mais ses pieds débordaient dans son jardin. Il décida alors d’aller voir de quoi il retournait et découvrit que le géant était gravement blessé à la clavicule. Ive et Poney lui promirent de partir à la recherche du Grand Ironiste, seul à connaitre un remède capable de sauver le géant tatoué. Mais les choses ne vont évidemment pas se dérouler comme prévu…

L’acteur rempli extrêmement bien l’espace. Il nous emmène avec lui par monts et par vaux dans un joli conte agrémenté de bonnes formules, augmenté d’espiègleries et émaillé de ce qu’il faut de douce folie. Son jeu est impeccable et il faut souligner que soutenir la cadence du débit de parole de son personnage un peu niais bien qu’altruiste et profondément bon, avec un vocabulaire très travaillé, est déjà un exploit en soi. On ne peut donc pas vraiment lui reprocher les quelques erreurs de diction qui, en fin de compte, étoffent un peu plus son personnage.

Toutefois, si l’acteur dessine, peut-être pas suffisamment, lorsqu’il joue pour étayer son propos, le résultat est loin d’être celui d’un dessinateur chevronné. Si les dessins sont approximatifs, leur force se situe précisément dans leur fonction de décor : ils se transforment en une carte pour suivre Jean Le Peltier dans son monde fantasque. On est également un peu déçu par la fin abrupte du conte qui commence par une mauvaise nouvelle et ne finit pas du tout sur une note joyeuse. Mais ces quelques défauts ne doivent pas occulter le fait qu’il s’agit d’une très bonne représentation remplie d’imagination, de création et de talent.

Si vous aimez les histoires et que vous avez gardé une âme d’enfant, cette pièce est faite pour vous : on en ressort un peu sur sa faim mais avec un sentiment de légèreté qui frétille au creux de l’estomac.

Daphné Troniseck
A propos Daphné Troniseck 224 Articles
Journaliste - Responsable littérature du Suricate Magazine

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