Bleu à la Balsamine

Chorégraphie de Eléonore Lachky, avec Meytal Blanaru, Milan Herich, Martin Kilvady, Éléonore Valère Lachky

Du 24 au 27 novembre 2014 à 20h30 à la Balsamine

Le décor est sobre, composé d’un sol et d’une toile tendue blancs, la lumière varie avec délicatesse autour de la couleur bleue. Quatre danseurs articulent une chorégraphie kinétique, une succession de pas et de mouvements un peu folle qui interpelle sur le sens de la rythmique et les relations que les corps entretiennent ensemble. Ces variations sont intenses, contrastées et la musique jazz permet aux corps de communiquer sans barrière. Le spectacle que Bleu offre est très intéressant car il vient questionner sur ces mouvements qui nous lient les uns aux autres et ceux qui trahissent nos émotions. Chaque danseur a sa personnalité, sa façon à lui de se présenter au monde et de s’exprimer à travers son corps ; chacun nous raconte une histoire particulière au milieu de l’histoire collective.

La réflexion autour du corps est plus que pertinente, notamment dans l’absence de barrière que la danse permet, ici. Il n’y a finalement plus aucun code qui semence les déplacements, sinon celui qui régit l’articulation spontanée, la variation effrénée d’articulations qui se cassent, se décomposent, d’ondulations, de vibrations qui peuvent donner le tournis. A la base de l’initiative, une référence directe au kinésithérapeute belge, Godelieve Struyf et le symbole de la Lemniscate qui serait à l’origine de la spirale en huit de l’infini : soient tous ces moments cruciaux qui déterminent les existences. Au cœur de cette démarche artistique, Eléonore Lachky souhaite que le public se sente imprimé de la chorégraphie, un peu comme s’il participait lui-même à la danse. De même, la chorégraphe laisse une place primordiale aux artistes qui injectent de leur vécu, de leur sensibilité et de leur sensorialité dans ce travail de déferlante du corps. Le résultat est profond, intime, vibratoire et chaotique, dans le bon sens. Une expérience sensationnelle qui résonne à l’infini, une performance à applaudir, sans conteste.

Justine Guillard
A propos Justine Guillard 91 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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