Joséphine aux Riches Claires

De et avec Sandrine Heyraud et Sicaire Durieux

Du 23 avril au 9 mai 2015 à 20h30 au Centre Culturel des Riches Claires

Apparemment, Alfredo vivait avec elle. Josephina. Et là où il regardait, elle regardait aussi. Ce qu’il faisait, il le faisait en fonction d’elle et d’un regard à l’autre, les choses prenaient une tournure différente. Il aurait pu aussi avoir tout inventé, s’être fait une idée peu claire sur elle. Josephina. C’est donc l’histoire d’un couple, qu’elle ait ou non existé. Un couple qui s’aime si vrai qu’il se déchire à en faire voler les paniers et tout ce qu’il y a autour.

Le genre de couple qui n’a pas besoin de parler, qui est plutôt du genre à marcher dans les pas de l’autre. Et les deux corps communiquent. C’est donc un ballet de langue du corps, une façon de s’exprimer qu’ils pourraient seuls comprendre, et encore. Parce que l’amour tel qu’il est dépeint dans Josephina a cela de violent qu’il est voué à disparaître. Mais, avant de s’éteindre, il prend le temps de s’installer et il s’enflamme.

L’histoire de l’amour prend alors un autre sens, elle se complexifie et fait s’envoler les souvenirs jusqu’à en injecter d’autres mots pour l’expliquer. C’est tout ça que l’on ressent face au spectacle émouvant et hors du temps que Sicaire Durieux et Sandrine Heyraud de la Compagnie Chaliwaté nous offrent sur scène. Sur fond de mime et de mouvements de corps imbriqués, les deux artistes dansent l’amour sous toutes ses formes.

La chorégraphie est parfaitement menée, d’une douceur parfois érotique qui ne se brise jamais dans l’obscène. Il exprime tout en justesse ces mots qu’on ne prononce qu’avec le corps parce qu’il y a tant à dire ainsi.

On a l’impression implosive qu’il n’ y a qu’eux, Josephina et Alfredo et que rien ne pourra les ébranler puis, quand ça éclate, on redescend sur terre pour observer la scène de plus bas. Et on comprend que le plus beau reste ce qui pourrait subsister.

A voir et à revoir aux Riches-Claires jusqu’au 9 mai.

Justine Guillard
A propos Justine Guillard 91 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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