Interstellar de Christopher Nolan

interstellar affiche

Interstellar

de Christopher Nolan

Science-Fiction, Drame

Avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine, John Lithgow, Jessica Chastain

Sorti le 5 novembre 2014

Depuis des mois, Christopher Nolan fait languir le monde entier quant à sa nouvelle création à coup de trailers et d’affiches très peu explicites. Mais cette fois-ci, ça y est ! Après avoir revisité avec brio Batman, trompé notre esprit avec Inception et bluffé notre raisonnement avec The Prestige, le réalisateur revient en grande pompe avec Interstellar.

Et c’est Matthew McConaughey, en vogue pour le moment au vu de ses performances, qui se retrouve propulsé dans cette odyssée spatiale.  Au programme : sauver l’Humanité ! Rien que ça.

Dans un futur plus ou moins proche, la Terre est dévastée par la rouille et la poussière et pousse indéniablement la race humaine à sa faim … et à sa fin. Heureusement, la NASA (devenu un groupuscule à la limite de l’anti-gouvernemental) a un plan : conquérir de nouveaux mondes dans d’autres galaxies en passant par un trou de ver et y faire survivre l’Humanité.

A priori, le pitch est loin d’être totalement neuf. Le voyage interstellaire, la fin de l’Humanité et les trous de ver sont en effet des thèmes récurrents, voire banals, de la science-fiction. Mais c’est sans compter le génie de Nolan.

Tout droit sorti des mains de Steven Spielberg himself, Nolan a finalement repris le film à son compte alors qu’il ne devait initialement qu’en écrire le scénario. S’en retrouve des thématiques chères au réalisateur de E.T. l’Extraterrestre et de Rencontre du 3ème type mais aussi une dimension émotionnelle sensiblement différente à ce à quoi nous avait habitué Nolan. La relation père/fille, véritable fil rouge du film, en est l’exemple parfait.

Le casting globalement impressionnant, regroupant notamment Michael Caine, Anne Hathaway ou encore Jessica Chastain, révèle aussi quelques surprises et sublime, une nouvelle fois, Matthew McConaughey, véritablement au sommet de son art.

Les dialogues efficaces, soutenu par une bande originale aussi étrange que poignante (« impeccable Hans Zimmer » deviendra un jour un pléonasme), rythment ces 2h45 de film sans fausse note malgré quelques conversations abusant (ou pas) de jargon scientifique qui rebuteront probablement les plus cartésiens des spectateurs. Ou l’inverse.

Il faut dire que le scénario, écrit par Christopher et son frère, Jonathan, s’inspire largement des travaux sur la relativité de Kip Thorne qui a lui-même participé à l’écriture. Le physicien avait par ailleurs déjà inspiré Carl Sagan pour sa nouvelle Contact qui a donné naissance au film éponyme avec Jodie Foster et … Matthew McConaughey.

Les frères Nolan revisitent donc un genre populaire avec des thèmes déjà surtraités mais nous emmènent dans l’univers pentadimensionnel qui leur est propre. Autant dire que vous n’avez jamais vu ça !

Véritable ode au film de science-fiction, Interstellar ne manquera pas de marquer le 7ème art au fer rouge et incarne sans nul doute une fable aussi troublante que ne l’ont été 2001, l’odyssée de l’espace ou Solaris à leur époque. Si le film ne fera probablement pas l’unanimité dès sa sortie, il ne manquera pas de s’imposer comme une référence du genre au fil du temps. Un temps relatif, bien entendu.

Quentin Geudens
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Journaliste du Suricate Magazine

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