Wild Idea de Dan O’Brien

Wild Idea

auteur : Dan O’Brien
édition : Au Diable Vauvert
sortie : mai 2015
genre : récit écologique

Avec ce récit, Dan O’Brien nous plonge au cœur des Grandes Plaines du Dakota du Sud.  Il raconte l’aventure de la Wild Idea, petite société familiale de réhabilitation et de commercialisation éthique des bisons.  En tant qu’humble fondateur de l’entreprise, il est bien placé pour en raconter les aléas, les perspectives d’avenir et d’expansion, les rencontres, les désillusions, les réalités, les risques et bien sûr…les bisons.

Et pourtant, trop peu d’informations sur ces mastodontes, car le point central de cet ouvrage est la Wild Idea.  Dans ses moindres détails.  A tel point qu’on a souvent l’impression de lire un cahier des charges pendant près de 400 pages.  Que ce soient les achats – même avec plein de bonne volonté, on a du mal à se réjouir du bonheur que représente l’acquisition de la nouvelle moissonneuse-batteuse au ranch – ou l’évocation du  parcours agro-alimentaire de chaque nouvel arrivant dans l’entreprise ou encore l’aménagement des locaux.  Tout cela peut paraître rébarbatif…et ça l’est.

Aussi, des propos plus approfondis sur le pourquoi de la disparition de ces grosses bébêtes ou sur leur mode de vie auraient été intéressants.  De même, la condition des Indiens et les rapports qu’ils entretiennent avec les Blancs locaux sont très peu évoqués.  Deux pages au total.  Néanmoins, deux pages denses et écœurantes qui concernent d’une part la place de plus en plus restreinte que l’Etat a consenti à leur laisser et d’autre part la chasse intensive tout à fait légalisée des bisons dans le but  tacite de priver les peuples indiens de ces animaux indispensables à leur survie.

Les passages relatant la vie privée de l’écrivain, de sa famille et des travailleurs du ranch ne sont pas passionnants non plus.  On s’amusera tout de même du fait que la plupart d’entre eux sont des êtres assez bourrus aux réactions un peu primaires.  Mais vivre dans de grands espaces davantage en compagnie des quatre pattes que des deux pattes vous change un homme.  Une femme aussi d’ailleurs.

Au-delà du livre en lui-même, il faut reconnaître que des gens tels que Dan O’Brien qui œuvrent toute leur vie pour de belles causes dans le respect de la nature (il a également à son palmarès la réhabilitation des faucons-pèlerins) méritent l’admiration de chacun.

Emmanuelle Lorriaux
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Journaliste

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