Carmina, une comédie andalouse qui ne manque pas de piquant

carmina poster

Carmina !

de Paco León

Comédie

Avec Carmina Barrios, María León, Paco Casaus

Sorti le 27 juillet 2016

Fais le bouffi-bouffon : Les blagues fusent, bonnes ou mauvaises, malignes ou vulgaires, elles font mouche !

Dans son petit appartement sévillan, Carmina découvre son mari mort subitement dans le salon. Si un de ses premiers réflexes sera de prévenir sa fille, elle se gardera bien d’avertir d’autres personnes durant quelques jours, le temps de percevoir les indemnités de retraite de son mari car elle peine chaque mois à joindre les deux bouts. Mais son secret ne sera pas facile à garder puisqu’elle aura droit à un défilé de voisins intrusifs durant tout le week-end.

Tel est le début de ce film qui prend la route de la comédie dramatique noire sans pour autant renier l’humour et les dialogues grinçants. Décalé et légèrement déjanté, le nouveau film du réalisateur en vogue en Espagne, Paco León, n’est pas sans rappeler les films d’Almodovar : un ton libre, des personnages hauts en couleurs, un éventail de pensées et de réflexions féminines pas toujours de bon goût et des hommes relégués au second plan.

Second opus de l’acteur-réalisateur après Carmina o revienta (« Carmina, marche ou crève »), Carmina !, c’est aussi et avant tout une histoire de famille puisque les deux rôles principaux sont interprétés par la mère (Carmina Barrios) et la sœur (Maria León) de Paco León. Volumineuse, le regard perçant, l’héroïne incarne avec un naturel confondant la mère extravagante déchirée entre la culpabilité, le chagrin et la responsabilité vis-à-vis des siens. Entre rire et émotion, elle porte le film de bout en bout grâce à sa vitalité même si la galerie de personnages secondaires n’est pas non plus en reste. Cette comédie prend d’ailleurs à plusieurs reprises des allures de chroniques de quartier avec des voisines qui se laissent aller à la confidence sur des sujets tantôt scabreux tantôt politiques.

Ce film à petit budget tourné dans un appartement de quelques m2 a été réalisé à la manière d’un documentaire, caméra à l’épaule en plan rapproché ou en gros plan pour renforcer le réalisme des situations. Un peu trop bavard, malgré la qualité des dialogues, le film à l’esprit familial de l’humoriste Paco León n’en reste pas moins un très bel hymne à la vie à travers le portrait d’une mère et actrice de haute volée.

Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 126 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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