Atomic blonde, spy games

 

Atomic blonde

de David Leitch

Action, espionnage

Avec Charlize Theron, James McAvoy, Sofia Boutella

Sorti le 16 août 2017

Peu avant la chute du mur, l’agent secret Lorraine Broughton est envoyée à Berlin pour mettre la main sur des documents convoités de tous de par leur importance capitale. Pour ce faire, elle devra accepter l’aide de David Percival, un agent d’ores et déjà sur place. Ce n’est que le début d’une descente dans les enfers de l’espionnage.

Les premières images d’Atomic blonde, avec leur esthétique à base de graffitis fluorescents couplée au Blue monday de New order, laissent espérer un long-métrage purement axé sur un divertissement décomplexé et réjouissant. Étonnamment, c’est en s’écartant de cette voie qui s’offrait à lui que le long-métrage gagne en intérêt.

Le début du film se révèle en effet quelque peu poussif. L’omniprésence de musique s’avère rapidement lassante, et ce bien que les morceaux soient plutôt bien choisis. Quelques combats efficacement menés rappellent néanmoins que David Leitch a réalisé de manière non créditée plusieurs scènes du premier John Wick. Atomic Blonde pourrait même n’en être qu’un décalque au féminin. Les principales qualités de la première partie résident ainsi principalement dans les scènes d’action, qui voient l’héroïne se défaire de tout un tas d’ennemis. De quoi réveiller un peu le spectateur grâce à quelques détails bien sentis, mais rien de réellement marquant toutefois. C’est en opérant un tournant dans son ton, qui devient plus sérieux, que le long-métrage se fait plus convaincant. Tout ce qui précède peut alors être vu comme une longue exposition, qui aligne peu à peu des éléments qui trouveront leur réelle importance par la suite.

À mesure que les réels enjeux sont mis en lumière, la musique se fait plus discrète, tandis que l’action se durcit. Le tout participe pleinement d’un suspense faisant la part belle aux faux semblants. Le film s’appuie sur l’enchaînement chaotique de ses premières scènes pour développer un Berlin devenu nid d’espion, ou chacun joue selon ses propre règle. Il devient dès lors difficile de savoir à qui se fier. Le spectateur, pris au jeu, en vient à douter de chaque personnage, héroïne comprise. Cela permet d’entretenir un niveau de suspense supplémentaire qui, loin de miser sur un possible twist, préfère entretenir le trouble, accroissant la sensation d’un danger omniprésent. D’où une tension de chaque instant, d’autant que le personnage principal y dévoile peu à peu une légère vulnérabilité qui la rend plus attachante. De quoi permettre à Atomic blonde de facilement compenser son démarrage et de trouver sa propre voie, soit celle d’un film un poil plus singulier que prévu et fort sympathique.

 

Guillaume Limatola
A propos Guillaume Limatola 123 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine