Ma vie de Courgette, une recette qui fonctionne

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Ma vie de Courgette

de Claude Barras

Animation, Drame

Avec les voix de Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud

Sorti le 26 octobre 2016

Prétendre que Ma vie de Courgette ne laisse pas le spectateur indifférent serait un euphémisme. D’ailleurs, présentée à Cannes, cette adaptation signée Claude Barras et Céline Sciamma, du roman Autobiographie d’une Courgette de Gilles Paris, bouleverse littéralement le public cinéphile.

Dès les premières minutes, la couleur est annoncée : Icare tue par accident son alcoolique de mère. N’ayant jamais connu son père, ce petit bonhomme aux cheveux bleus est alors placé dans un orphelinat où il décide de se faire appeler Courgette, comme sa maman le surnommait. Il y rencontre Simon, Jujube, Ahmed, Béatrice, Alice et surtout la jolie Camille.

Noire est l’histoire mais pourtant poétique est la manière de la raconter. Sous ses airs de colonie de vacances, l’orphelinat se veut le théâtre de ces grandes aventures que vivent les plus petits. Un jour au ski, l’autre déguisés en citrouille, Courgette et sa ribambelle de nouveaux copains abordent à la manière de Ken Loach des sujets concrets, comme la violence infligée aux enfants, mais toujours avec délicatesse. Une pointe d’amour, d’amitié et d’espoir viennent d’ailleurs raviver ce scénario un brin morose parfois.

Le maître mot de ce film d’animation reste l’abandon. Enfants ou adultes, nombreux des attachants personnages imaginés par Claude Barras et Céline Sciamma en souffrent. Mais, l’originalité de Ma vie de Courgette repose sur sa capacité à évoquer cette douleur propre à nos sociétés, en la matérialisant. Un cerf-volant pour rappeler l’absence d’un père, une lampe de poche en souvenir d’une mère droguée, ou encore des plantes pour alléger le chagrin laissé par le départ d’un enfant sont autant de petits porte-bonheur qui embellissent de tristes situations. Une touche d’ironie est d’ailleurs parfois apportée par ces objets comme l’illustre le dessin d’une poule que fait Courgette parce que “papa aimait beaucoup les poules d’après maman”.

Au delà de la sensibilité dont il est pourvu, Ma vie de Courgette, récompensé notamment au Festival International du Film d’Animation tenu à Annecy, est épatant en terme de technique. C’est un travail titanesque auquel s’est en effet confrontée une sacré équipe de professionnels pendant des mois pour réaliser ce film en stop-motion, c’est-à-dire en photographiant image par image des objets afin de leur donner vie.

Tiraillé entre le sourire et les larmes, on se laisse facilement entraîner dans cet univers un peu nostalgique. Mais subsiste une interrogation: A qui s’adresse ce film exactement ? Son scénario, même s’il semble un peu abrupt, reste un bon moyen d’aborder certaines thématiques avec des enfants grâce à un format adapté. Et pourtant la sincérité de ce drame version film d’animation touche aussi bien un public adulte. Quoiqu’il en soit Ma vie de Courgette entend bien faire parler de lui !

Cheyenne Quévy
A propos Cheyenne Quévy 50 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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