Tamara, une grosse dose de romantisme adolescent

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Tamara

d’Alexandre Castagnetti

Comédie

Avec Héloïse Martin, Sylvie Testud, Cyril Gueï

Sorti le 26 octobre 2016

Depuis une quinzaine d’années, l’air du temps dans le cinéma francophone est à l’adaptation de bande-dessinées. Après les Aventures d’Asterix et Obelix, celles de Tintin et Les Profs (pour ne citer qu’eux), c’est au tour de Tamara, l’anti-héroïne imaginée par Zidrou et Darasse, de se voir propulser sur nos grands écrans. Malheureusement, cette pratique ne se solde pas toujours par une réussite cinématographique.

Tamara, une ado de 15 ans légèrement en surpoids, est confrontée aux problèmes basiques que peut rencontrer une jeune fille de cet âge, à savoir la perte de repères familiaux, la découverte de l’amour et les premières inhibitions. Elle (Héloïse Marin), qui n’est pas à l’aise avec son corps, a, en effet, craqué sur le nouveau “beau-gosse” de sa classe (Rayane Bensetti). Mais tout semble perdu pour cette charmante demoiselle qui ne rentre pas dans les carcans esthétiques que nous impose la société. Et comme si cela ne suffisait pas, elle va devoir apprendre à accepter le nouveau compagnon de sa mère ainsi que sa fille Yoli qui emménagent avec elles. Il n’y a pas à dire, tout n’est pas simple pour Tamara !

Si les premières vingt minutes laissent entrevoir un humour plus subtil et une production plus originale, Tamara ne tarde pas à tomber dans les clichés du genre “film pour ados”. Pourtant Alexandre Castagnetti paraît, par moment, se défaire de ce travers en administrant à son film une touche de second degré bien placé, notamment avec des rôles comme celui de la voisine désespérée par l’inefficacité de son mari.

Mais il est difficile de ne pas s’égarer lorsqu’on met en scène une romance adolescente, surtout lorsqu’on utilise tous ses codes. Comme dans LOL, on a droit dans Tamara à la fameuse grosse soirée à laquelle les parents ne sont bien sûr pas conviés, à la sortie scolaire et évidemment au groupe de pétasses écervelées. La place accordée à l’usage des nouvelles technologies dans ce film contribue également à cibler un public pubère. Le smartphone devient presque une personne à part entière dans Tamara, tellement son usage y est excessif. Et puis surtout, Alexandre Castagnetti ne lésine pas sur les moyens. Après Jamel Debouze ou encore Kev Adams, c’est Jimmy Labeeu, le nouvel idole des jeunes, qu’on retrouve dans cette comédie inspirée des célèbres bande-dessinées belges.

Alexandre Castagnetti, au lieu de tomber dans les stéréotypes des comédies romantiques pour jeunes, aurait donc mieux fait de mettre l’accent sur la touche satirique que l’on retrouve à certains moments du film. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de se demander comment l’auteur de la très engagée Chansons du Dimanche a-t-il bien pu écrire un scénario qui aurait pu être parodié dans l’une de ses émissions, il y a une quelques années.

Cheyenne Quévy
A propos Cheyenne Quévy 61 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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