Une Valérie Lemercier énergique au Voo Rire

Afin de donner le coup d’envoi à la sixième édition du Voo Rire Festival, les organisateurs ont cette année choisit de convier à Liège l’actrice et humoriste Valérie Lemercier. C’est en dansant que l’artiste a choisi d’entrer sur scène. Pleine d’énergie, celle-ci a maintenu le cap durant toute la durée du spectacle.

Tout est passé à travers sa moulinette : le gluten, le quinoa, François Hollande, les racailles, la rupture, les restaurants bobos, les selfies d’adolescentes perturbées, l’anorexie dans le show business, les mariages qui battent de l’aile et, ce qu’à Liège on appelle les « Barakis ».
[https://fr.wiktionary.org/wiki/baraki]

Il faudrait pouvoir consigner toutes les expressions inventées par l’artiste tant certaines sont édifiantes et où l’on se demande où elle a été les chercher (quelques exemples particulièrement explicites : « Il a le sang qui bout mais pas le bout qui sent » ; « Tonton zizi est en route », etc.). Ultime expression en forme de conseil à la jeunesse : « C’est pas en bouffant du Galak devant YouTube qu’on va vous retrouver sur les billets de cinquante balles ». Certaines de ces formules créèrent véritablement l’hilarité durant le show. Une spectatrice assise non loin de nous résuma d’ailleurs la chose à sa façon bien wallonne : « Kénne sotte ! » [« Kénne » signifie « Quelle » en langage courant à Liège].

Plusieurs sketches firent particulièrement mouche : le belge à l’accent fort prononcé racontant les exploits sexuels de sa défunte épouse à ses enfants – bien propre au style humoristique de Valérie Lemercier – ou encore le restaurant bobo où le contenu du baba au rhum est importé directement d’Haïti et où chaque produit coûte une petite fortune. Derrière ce dernier sketch à l’humour potache se trouve ici une forme de dénonciation du ridicule de certains pans de nos sociétés. Mais le public (principalement féminin) semble avoir réagit davantage à un moment du spectacle abordant le thème des femmes qui « se font chier » dans leur mariage. Étrange…

Le seul bémol est paradoxalement lié à l’une des qualités du spectacle : l’énergie de Valérie Lemercier qui peut vite finir par fatiguer certains spectateurs (surtout les hommes, moins réceptifs à ce type d’humour et de thèmes, il faut bien l’avouer). D’un point de vue uniquement masculin donc, il s’agit d’un spectacle fort sympathique et divertissant qui peine parfois à trouver une forme d’originalité jusqu’à en devenir légèrement fatiguant.

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 146 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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