Les Twinkies sont éternels ! Petite histoire d’une légende du Septième Art

Le Twinkie est un petit gâteau spongieux fourré à la crème vanille. Terriblement addictive, cette pâtisserie est apparue à de nombreuses reprises sur nos écrans sans que nous en ayons toujours conscience.

Production typiquement américaine, le Twinkie est particulièrement méconnu chez nous alors que nous en avons tous, un jour ou l’autre, aperçu un dans le coin de notre écran de télévision. Les cinéphiles ayant usé les bobines du célèbre Bienvenue à Zombieland savent bien entendu de quoi il s’agit : ils connaissent mieux que personne l’importance du Twinkie… et de Bill Murray !

Alors que les studios nous promettent une suite depuis quelques mois – Non ! Zombieland : The Series produit par Amazon en 2013 le temps d’un seul et unique épisode n’a jamais existé ! –, il nous apparaissait intéressant de plonger dans l’histoire de ce délice vanillé et de le faire connaître au monde francophone.

Petite histoire du Twinkie

En 1925, la Continental Bakery Company acquit la Taggart Baking Company basée à Indianapolis. Désireuse d’élargir sa gamme de produits, la société s’attaqua au marché des Spongecake dès 1927 et commença ainsi à produire des gâteaux spongieux fourrés à la fraise. Cette nouvelle ligne de produits fut nommée Hostess¹. Cependant, les fraises n’étaient alors disponibles que durant l’été et la production ne pouvait par conséquent s’étendre que sur une période de six semaines2. C’est ainsi que, désireuse d’étendre ses ventes sur l’ensemble de l’année, la Continental Bakery Company introduit un gâteau fourré à la banane : le Twinkie était né !

L’idée émergea en 1930 dans la tête de James Alexander Dewar, un manager de Chicago qui, lors d’un voyage à Saint-Louis, aperçu un panneau publicitaire de la Twinkle Toe Shoe Company 3. Il décida ainsi de raccourcir le nom afin de le rendre plus accrocheur auprès des enfants. Un paquet de deux Twinkies était alors vendu pour le prix dérisoire d’un nickel, c’est-à-dire cinq centimes de dollar4. Un an après le terrible krach boursier et en plein milieu de la Grande Dépression, la vente d’un tel produit à un prix aussi peu élevé était de nature à séduire les bourses les plus maigres. C’est ainsi que la popularité du Twinkie grandit jusqu’à ce que la petite pâtisserie devienne la plus vendue aux Etats-Unis après la Deuxième Guerre mondiale5

Depuis, plusieurs types de fourrage ont fait leur apparition : Blue Raspberry Cream, Strawberry Cream, Chocolate Cream ou encore White Peppermint. En 2006, dans le cadre de la promotion du King Kong de Peter Jackson, le Twinkie fourré à la banane fit son retour le temps une production limitée. Les ventes augmentèrent de 20 % et la société Hostess ressuscita alors le Banana Twinkie définitivement6. Pour anecdote, un Deep Fried Twinkie fit également son apparition en 2001, lorsqu’un restaurateur du nom de Christopher Sell eut l’idée de plonger un Twinkie dans l’huile de friture7

Durant le Second Conflit mondial, le Twinkie connut l’une de ses dernières grandes évolutions. En raison de la pénurie et du rationnement, nombreux furent les épiceries qui placèrent sur leur devanture la célèbre maxime « Yes, we have no bananas », inspirée d’une chanson de 1922. Dès lors, il s’avéra particulièrement difficile de continuer la production de Twinkies sans possibilité de les fourrer selon la recette. Par conséquent, une crème vanille fut utilisée en remplacement de la banane8. Depuis lors, la composition est restée sensiblement la même et le Twinkie est toujours le plus populaire des produits Hostess, loin devant les Ding-Dongs, Ho Hos, Suzy Qs ou Sno Balls. La marche de l’Histoire participa souvent à ce succès. Dans les années 60, par exemple, alors que le monde tremblait à l’idée d’une attaque nucléaire et stockait de la nourriture en prévision, les Twinkies étaient un produit particulièrement recherché, dû à sa réputation de produit non périssable9. De Piège de Cristal à Saucisses Party, en passant par Bienvenue à Zombieland, le cinéma et la Pop Culture se sont souvent faits l’écho de cette légende.

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En réalité, les Twinkies ont bien une date de péremption ! Ils ne sont apparemment consommables que durant vingt-cinq jours, bien que Roger Bennatti, un professeur de la George Stevens Academy à Blue Hill (état du Maine) possède un Twinkie sur le bord de son tableau depuis trente ans10. En 2004, il affirmait encore qu’en dehors d’un léger dessèchement, celui-ci semblait toujours comestible. Personne ne semble cependant disposé à tenter l’expérience… Il faut dire que les mythes sont nombreux autour de ces petits gâteaux : on raconte par exemple qu’un produit chimique généralement utilisé dans la composition d’un liquide d’embaumement fait partie de la recette secrète du Twinkie. Cela est bien évidemment faux11. Néanmoins, Steve Ettlinger, en 2007, dans son livre « Twinkie Deconstructed » analysait la composition de la célèbre génoise, découvrant plusieurs ingrédients créés à partir de cinq sortes de cailloux12

En effet, voilà bien des années que les nutritionnistes américains pointent du doigt le célèbre coupe-faim pour son fort apport calorique et sa haute teneur en sucre. Affirmations dont se défend la société productrice de ces délicieuses pâtisseries, arguant dans le « Twinkie Cookbook » que Margaret Branco, l’une des premières ‘fourreuses de Twinkies’13, perdit du poids en mangeant ceux-ci (« Not only that, I lost weight. I was a butterball when I started. I got thinner on Twinkies »14), ou encore que certains docteurs approuvent que leurs patients en mangent même en soins intensifs (« [The doctor] said it wouldn’t hurt me, so I even ate a Twinkie in intensive care »15 – Lewis Browning, grand amateur de Twinkies ayant, selon la légende, consommé près de 20 000 de ces délices sucrés).

La promotion du Twinkie

À partir des années 1950, la Continental Bakery Company entreprit intensivement de faire la publicité de ses produits. En 1971, elle créa le personnage de Twinkie the Kid16 qui apparut alors souvent dans le Howdy Doody Show17. Les ventes explosèrent ! D’autres personnages suivirent, tels Happy Ho Ho, King Ding Dong, Captain Cup Cake et Fruit Pie the Magician.

Le public cible étant les enfants, la promotion fut le plus souvent orientée vers ceux-ci, avec des publicités adaptées, mais également en s’assurant les services de super héros divers et variés : Batman, Superman, Wonder Woman, Green Lantern, The Flash, Aquaman, Green Arrow et Shazam pour l’écurie DC Comics ; Spiderman, Thor, Iron Man, Hulk, Daredevil, les Quatre Fantastiques et Captain America pour Marvel. Chacun de ces héros fit à un moment ou un autre de sa carrière la publicité pour les Twinkies ou tout autre produit Hostess. À cet égard, on pourra lire « Batman and Twinkieless Gotham City » ou « Spider-Man and the Twinkie Takers » pour ne citer que deux exemples au titre évocateur18.

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Aujourd’hui encore, la société Hostess veille à lancer sur le marché des éditions limitées de son produit : les Minions Twinkies, le Key Slime Lime et le White Fudge Marshmallow Twinkie [à l’occasion de la récente sortie du film Ghostbusters (2016)], l’Ogre Green [Shrek], le Banana Twinkie [King Kong], le Superman Twinkie. D’autres produits Hostess eurent également les honneurs de se voir associés à une icône célèbre de la pop culture. Citons ainsi les Snoballimus Optimus Prime [Transformers], les Batman Cup Cakes, les Green Lantern GloBalls ou les Flash Cakes19.

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The Twinkie Defense : étrange publicité

Le Twinkie obtint une notoriété inattendue en 1979, lors du procès de Daniel White, l’assassin du maire de San Francisco George Moscone et du conseiller municipal Harvey Milk. Au cours des audiences, les avocats de Dan White affirmèrent que leur client n’était pas totalement responsable de ses actions, étant tombé en dépression sévère. Cette dépression entraîna selon eux une forte consommation de « Junk Food » qui donna lieu à un dérèglement chimique dans son cerveau. White se défendit en affirmant qu’il avait commis le meurtre car soumis à un taux trop élevé de sucre dans le sang. Le docteur Martin Blinder, psychiatre renommé aurait affirmé que, la veille du double meurtre, Dan White « était assis devant la télé à s’empiffrer de Twinkies »20. Bien que ce dernier fût tout de même condamné, ce sera pour homicide involontaire et non pour assassinat. Après deux ans d’emprisonnement, il fut libéré sur parole. White se suicida néanmoins en 1985, supportant probablement mal son statut de « Most Hated Man in San Francisco »21. Cet épisode est aujourd’hui connu comme la Twinkie Defense.

Les années 90 : le Twinkie, phoenix sucré

En 1995, l’Interstate Bakeries Corporation acquiert la Continental Baking Company, devenant ainsi la plus grande fabrique de cakes aux Etats-Unis22. Cet état de fait prendra cependant fin au début du XXIe siècle, avec l’arrivée des régimes Atkins, prônant une alimentation faible en glucides. Ainsi, en 2004, l’Interstate Bakeries déclara la faillite, avant de réapparaître cinq ans plus tard sous le nom de Hostess Brands Inc23. Ce retour fut néanmoins de courte durée et, en janvier 2012, la société fit à nouveau faillite. Le 16 novembre de la même année, la mise en liquidation est actée. Symbole de l’importance acquise par la petite pâtisserie au fil du temps, il fut alors possible d’en acheter sur eBay, pour des prix montant jusqu’à 10 000 $ pour une seule boîte de dix Twinkies24… Fort heureusement pour les gourmands, Apollo Global Management et Metropolous & Co firent à leur tour l’acquisition de la compagnie en 2013 pour la modique somme de 410 millions de dollars25. Le 15 juillet 2013, les Twinkies étaient de retour sur les étagères des magasins ! Comme l’indique le slogan publicitaire lancé à la suite de ce retour, il s’agit de « The Sweetest Comeback in the History of Ever ».

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Mais le Twinkie ressuscité n’est pas exactement le même qu’auparavant. En effet, sa teneur en calories est aujourd’hui de 135 calories contre 150 auparavant. De même, il pèse quatre grammes de moins que son ancêtre et possède désormais une durée de vie de quarante-cinq jours26. Depuis le rachat de la société en 2013 et ce lifting, il semble que le Twinkie, épitomé de la Junk-Food ait encore de longues années devant lui. Et c’est tant mieux ! Car au fond, le Twinkie est un peu comme la fricadelle, « tout le monde sait ce qu’il y a dedans, mais personne ne le dit »…

Le Twinkie comme icône de la Pop Culture

Le Twinkie est aujourd’hui devenu une icône culturelle. À tel point qu’en 1999, des écoliers de la ville de Shoreline (état de Washington) proposèrent au président Bill Clinton que deux Twinkies soient placés dans la National Millenium Time Capsule rassemblant des documents culturels et artéfacts témoignant de notre temps. Un de ces petits gâteaux aurait alors rejoint les lunettes de Ray Charles, un casque de la Seconde Guerre mondiale, une copie du roman de John Steinbeck Les raisins de la colère, un morceau du mur de Berlin, une photographie de Rosa Parks ou encore une carte du génome humain27. On raconte que les archives nationales retirèrent le Twinkie de peur d’attirer les souris28. Nous découvrirons ce qu’il en est en 2100, lors de l’ouverture de la capsule temporelle. Par la même occasion, nous saurons si le Twinkie est réellement impérissable.

En 2005, l’American Society of Media Photographers consacra son exposition annuelle à la célèbre pâtisserie29. C’est ainsi que le photographe Tom Altany plaça le Twinkie au centre de la table dans sa recréation de la Dernière Cène de Leonard De Vinci, ici renommée « The Last Snack ».

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Du côté scientifique, à partir de 1995 des étudiants de la Rice University initièrent le T.W.I.N.K.I.E.S Project (pour Tests With Inorganic Noxious Kakes In Extreme Situations), consistant à soumettre la célèbre pâtisserie à toutes sortes d’expériences. Un Twinkie fut ainsi soumis au test de Turing visant à savoir s’il était doté d’intelligence ; un autre précipité du sixième étage d’un immeuble afin d’observer sa réponse face à la gravité ; un troisième fut encore parcouru par 110 volts30. Pour la science bien entendu !

Notons encore que le record du plus grand nombre de Twinkies engloutis en une minute est détenu par le japonais Takeru Kobayashi qui, en 2012, parvint à avaler quatorze de ces petits gâteaux31. L’américain Joey Chestnut mit la barre encore plus haut l’année suivante en avalant 121 de ces gâteaux en six minutes32

Le Twinkie au cinéma

Mais le Twinkie est surtout connu pour ses nombreuses apparitions au cinéma. Au même titre que le Wilhelm Scream, la De Lorean, le Faucon Millenium, le Fedora d’Indiana Jones, le ticket d’or de « Charlie et la chocolaterie », le Walter PPK de James Bond ou le traineau estampillé Rosebud de « Citizen Kane », le Twinkie est devenu une référence majeure du Septième Art. Si l’on pouvait déjà entendre parler de cette petite pâtisserie en 1978 dans Grease ou Voyage au bout de l’enfer, c’est Piège de Cristal en 1988 qui révéla le snack au public européen, lorsque John McClane (Bruce Willis) tenta « d’avaler un Twinkie centenaire » avant que le sergent Al Powell (Reginald VelJohnson) lui en révèle la composition.

Mais le Twinkie n’atteint véritablement le rang d’icône du cinéma qu’en 2009 avec le film « Bienvenue à Zombieland », grâce à l’obsession de Tallahassee (Woody Harrelson) pour « ce délicieux rondin de sucre »… « You gotta enjoy the little things » !

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Une brève recherche nous a permis de trouver une quarantaine d’apparitions du Twinkie au cinéma. À cela s’ajoutent encore des séries télévisées, sketches humoristiques et vidéos promotionnelles. En voici une liste cherchant à tendre vers un maximum d’exhaustivité :

Grease (1978) : alors que Betty Rizzo, Jan, Marty et Sandy se préparent, Jan propose des Twinkies en accompagnement du vin. Ce à quoi Marty répond : « Twinkies and wine ? Oh, that’s real class, Jan ».

Voyage au bout de l’enfer (1978) : le Twinkie est cité à plusieurs reprises dans ce célèbre film de Michael Cimino. Mais la scène la plus célèbre à cet égard intervient au cours d’un pique-nique en montagne, lorsqu’Axel (Chuck Aspegren) trempe son Twinkie dans la moutarde et que John (George Dzundza) s’écrie « He put mustard on his Twinkie ! »

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Un vrai shnock (1979) : alors que les protagonistes célèbrent l’anniversaire de Navin (Steve Martin), Mother sert à celui-ci un plateau sur lequel se trouve son repas préféré : « Tuna fish salad on white bread with mayonnaise, a Tab and a couple of Twinkies. »

SOS Fantômes (1984) : l’une des apparitions les plus célèbres du Twinkie au cinéma se trouve dans le classique SOS Fantômes d’Ivan Reitman. Alors que le docteur Egon Spengler (Harold Ramis) cherche à expliquer à Winston Zeddemore (Ernie Hudson) la quantité d’énergie psychokinétique présente dans New-York, il utilise un Twinkie à titre d’illustration, expliquant que : « Let’s say this Twinkie represents the normal amount of psychokinetic energy in the New York area. According to this morning’s sample, it would be a twinkie… 35 feet long and weighing approximately 600 pounds ». Ce à quoi Winston, ébahi, répondra « That’s a big Twinkie ». Plus tard, ce dernier, souhaitant réexpliquer la chose à Peter Venkman (Bill Murray), se tournera vers Spengler pour lui dire « Tell him about the Twinkie », poussant Venkman à s’exclamer « What about the Twinkie ? ». À noter que dans la version française du film, le terme « Twinkie » a été remplacé par « petit gâteau » afin de faciliter la compréhension du spectateur francophone qui ne connaissait alors pas le Twinkie.

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Les Goonies (1985) : alors que Choco arrive au sommet d’une colline essoufflé, il s’exclame : « You made me go up this big hill and said give me a Twinkie ».

Week-end de terreur (1986) : Chaz Vyshinski (Clayton Rohner) s’adresse à un garçon et lui dit : « Hey guy, your fly is open and your Hostess Twinkie is hanging out ».

Le vol du Navigateur (1986) : commentaire pas très flatteur d’un vaisseau spatial à un pompiste quelque peu enrobé : « Hey Blimpo ! Oink Oink ! Too many Twinkies ».

Arizona Junior (1987) : un gamin survolté tape sur les murs de la cuisine en hurlant « Gimme a Twinkie » à un Nicolas Cage ébahi.

The Monster Squad (1987) : tandis que les héros se promènent au bord d’un lac en pleine nuit, Eugene (Michael Faustino) fait tomber un Twinkie à l’eau. Au moment où il se penche pour le ramasser, une créature émerge des profondeurs. Eugene court rejoindre Sean (Andre Gower) et lui dit, dépité : « Creature stole my Twinkie ».

Piège de cristal (1988) : piégé dans le Nakatomi Plaza, John McClane (Bruce willis) essaye de manger un Twinkie qu’il vient de trouver. Al (Reginald VelJohnson) entend alors un hurlement dans le talkie-walkie. Il demande ce qu’il se passe et McClane lui répond « Just firing down a thousand year old Twinkie. What do they put in these things anyway ? ». Moment d’anthologie, Powell lui récitera la composition du gâteau : « Sugar enriched flour, partially hydrogenated soybean oil, polysorbate 60 and yellow dye #5. Everything a growin’ boy needs ».

À noter qu’au moment où Powell est contacté par la centrale pour aller voir ce qu’il se passe au Plaza, il se trouve dans une épicerie les bras chargés de Twinkies. Devant le commentaire du caissier lui exprimant qu’il pensait que les policiers ne mangeaient que des donuts [« I thought you guys just ate doughnuts »], le policier répondra « Heh. They’re for my wife. She’s pregnant ». La série Die Hard a fait de la passion de Powell pour les Twinkies une blague récurrente.

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Working girl (1988) : au cours de son passage en revue de la boîte à déjeuner qu’il a préparé pour Tess McGill (Melanie Griffith), Jack Trainer (Harrison Ford) en détaille le contenu : « For you, like it ? Peanut Butter and Jelly sandwich, milk money, twinkies, pen, pencil, ruler, apple for the teacher. Now remember, play nice with the other kids and be sure you’re home before dark. »

L’excellente aventure de Bill et Ted (1988) : autre scène cultissime en ce qui concerne le Twinkie au cinéma, Ted (Keanu Reeves) propose une de ces friandises à Genghis Khan (« Want a Twinkie, Genghis Khan? Say please! Mmmm… »). Plus tard, on voit le conquérant s’agiter dans tous les sens sous l’effet du sucre (Bill [Alex Winter] : « As you can see, Genghis very much enjoys Twinkies because of the excellent sugar rush. »).

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UHF (1989) : dans la même veine que le Twinkie à la moutarde de « Voyage au bout de l’enfer », George Newman (‘Weird Al’ Yankovic) prépare à Bob (David Bow) un Twinkie Wiener Sandwich en découpant un Twinkie en deux pour y fourrer une saucisse sur laquelle il répand ensuite de la moutarde… On trouve aujourd’hui sur internet des recettes de Twinkie Wiener Sandwich et la chaîne YouTube « WrecklessEating » a réalisé en 2015 le UHF Twinkie Wiener Sandwich Challenge… Le « russe blanc » de Big Lebowski semble avoir un concurrent de taille…

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Les aventures de Ford Fairlane (1990) : Ford Fairlane (Andrew Dice Clay) jette un Twinkie à un homme attaché dans un coffre de voiture, tout en lui lançant : « Have a Twinkie, snapperhead »

58 minutes pour vivre (1990) : dans le deuxième volet de la saga Die Hard, fidèle au running gag mis en place deux ans plus tôt dans Piège de cristal, McClane appelle Al depuis l’aéroport et lui lance un cinglant : « Take that Twinkie out of your mouth and grab a pencil, will ya ? ». Reginald VelJohnson avouera quelques années plus tard dans les bonus de « Une journée en enfer » qu’après ces scènes, il arriva parfois qu’on jette des Twinkies dans sa voiture alors qu’il s’y trouvait, en lui disant « Oh, we knew you wanted some of those ».

Mad dog and Glory (1993) : au moment où Wayne ‘Mad dog’ Dobie s’apprête à quitter le bureau, son supérieur lui demande : « Pick me up some Twinkies. There should be a little mini-mart open a couple of blocks from the scene ». À ce moment, Mike (David Caruso) lui lance : « Twinkies? It’s 2:00 in the morning, you fat fuck ». Stoïque, le premier ajoute : « Twinkies. And get a banana for your monkey here. A green one ».

Ça tourne à Manhattan (1995) : parmi les répliques originales déjà citées impliquant des Twinkies, comme celles d’SOS Fantômes, Week-end de terreur ou des aventures de Ford Fairlane, il convient d’ajouter le « You Hostess Twinkie motherfucker » de Nick Reve (Steve Buscemi), particulièrement original !

La colo des gourmands (1995) : sage conseil culinaire, à l’opposé du Twinkie Wiener Sandwich, Roy (Kenan Thompson) nous apprendra qu’il ne faut jamais mettre de Twinkies sur sa pizza (Pat Finley : Who wants to tell us the lesson we learned here ? / Roy: Don’t put Twinkies on your pizza !).

Le plus fou des deux (1997) : plus qu’une citation, ce film constitue un hommage à un épisode célèbre de l’histoire de la petite pâtisserie Hostess : la Twinkie Defense, que les deux protagonistes principaux envisageront afin de se tirer d’affaire.

Le géant de fer (1999) : nouvelle façon d’apprécier le Twinkie, Hogarth regarde la télévision en remplissant le sien avec une bombe de crème chantilly, jusqu’à s’en mettre plein les doigts. Une manière comme une autre d’apprécier ce délice !

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Next Friday (2000) : probablement l’une des scènes les plus hilarantes en ce qui nous concerne ici, le monologue de Day-Day (Mike Epps) dans Next Friday : « You don’t know Baby D. That’s why you’re lookin’ at me, ’cause you don’t know Baby D. Her fat ass be snoring, won’t even be asleep, just standing. Little cupcakes and shit– This bitch know about all the new snacks before they even hit the street. All the bootleg snacks. Year 2000 snacks. Gonna tell me about a new Twinkie comin’ out next month. It’s a bad motherfucker. When you bite into a cream-filled, it shoot all over your mouth ».

Donnie Darko (2001) : le génial et trop méconnu Donnie Darko de Richard Kelly a lui aussi offert une petite vitrine au Twinkie par le biais d’un monologue sarcastico-philosophique de Donnie (Jake Gyllenhaal) : « You want your sister to lose weight ? Tell her to get off the couch, stop eating Twinkies and maybe go out for field hockey. You know what ? No one ever knows what they want to be when they grow up. You know, it takes a little, little while to find that out. Right, Jim ? And you. Yeah, you. Sick of some jerk shoving your head down the toilet ? Well, you know what ? Maybe you should lift some weights or take a karate lesson. And the next time he tries to do it, you kick him in the balls ».

Novocaïne (2001) : à l’instar d’Al Powell dans Piège de cristal, l’un des policiers de Novocaïne a un faible pour les Twinkies. Ce qui fera dire à Lance Phelps (Kevin Bacon) : « Lay off the Twinkies, all right ? Nobody likes a fat cop ».

Méchant menteur (2002) : particulièrement énervé sur une dame légèrement enrobée, Marty Wolf (Paul Giamatti) lancera à celle-ci une réplique cinglante : « – Jocelyn Davis : Jocelyn Davis senior VP [Vice President] of publicity… – Marty Wolf : Ha, you sure you’re not seeing a VP of Twinkies ».

You, me and Dupree (2006) : Visiblement excédée par son interlocuteur, Molly Peterson (Kate Hudson) demande à celui-ci quelle quantité de Twinkies il a ingérée pour être aussi fatiguant (« How many Twinkies have you had today ? »)

Click (2006) : probablement l’un des moins mauvais films d’Adam Sandler, Click offre son lot de références aux Twinkies, le personnage principal étant accro à ce délice spongieux ! La plus mémorable étant la réplique de Jonah Hill interprétant Sandler jeune : « Look who’s talking, Captain Twinkie of the S.S. Fat-Ass ! »

Half Nelson (2006) : ici, une élève explique l’origine de la Twinkie Defense.

Le secret de Terabithia (2007) : preuve que le Twinkie est un délice, la joie de May Bell Aarons (Bailee Madison) à l’idée d’en manger : « – May Belle Aarons : Alexandra ! My daddy gave me Twinkies. And neither one squished ’cause I didn’t put ’em next to my drink. / – Jesse Aarons: May Belle. I’d shut up about those Twinkies if I were you. / – May Belle Aarons: You’re just mad ’cause I got some and you didn’t. / – Jesse Aarons: Whatever. Just don’t come cryin’ to me when you lose them. / – May Belle Aarons: I’m gonna eat ’em, not lose ’em ». Plus tard, fâchée à l’idée de s’être fait voler ses friandises, May Bell lancera à sa voleuse un « I want my Twinkies, Janice Avery ! » déterminé.

Paranoiak (2007) : assigné à résidence, Kale (Shia LaBoeuf) réalise une pyramide de Twinkies pour tuer le temps dans cette remise au goût du jour du célèbre Fenêtre sur Cour d’Hitchcock.

Wall-E (2008) : prouvant que le Twinkie est réellement éternel, Wall-E en conserve une pleine boîte chez lui (700 ans après que les hommes aient déserté la terre !) et en offre un à son ami cafard pour le plus grand plaisir de ce dernier qui plonge littéralement dans le petit gâteau !

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(500) jours ensemble (2009) : dans ce film de Marc Webb, Tom Hansen (Joseph Gordon-Levitt) tente d’oublier son chagrin d’amour en s’enfermant dans son appartement avec du jus d’orange, du Jack Daniel’s et des Twinkies.

Bienvenue à Zombieland (2009) : Zombieland est LE film de Twinkie par excellence, Tallahassee (Woody Harrelson) vouant un réel culte à la petite pâtisserie, allant jusqu’à entrer dans un grand magasin infesté de zombie pour y saisir la dernière boîte de Twinkies, car les Twinkies ont bien une date de péremption : « There’s a box of Twinkies in that grocery store. Not just any box of Twinkies, the last box of Twinkies that anyone will enjoy in the whole universe. Believe it or not, Twinkies have an expiration date. Some day very soon, Life’s little Twinkie gauge is gonna go… empty ». Sans parler de sa colère lorsqu’il découvre un camion Hostess ne contenant que des Sno Balls

Pour la petite anecdote, Woody Harrelson étant Vegan, des Twinkies spéciaux à base de farine de maïs furent réalisés spécialement afin de coller à son mode alimentaire33. Un mythe s’effondre…

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X-Men : le commencement (2011) : la nouvelle trilogie X-Men fit à plusieurs reprises des références aux Twinkies. Dans « X-Men : le commencement », on peut apercevoir un panier rempli de Twinkies au moment où Raven Darkholme (Jennifer Lawrence) et Hank McCoy (Nicholas Hoult) discutent autour d’un pique-nique.

Ghost Rider 2 : l’esprit de la vengeance (2012) : même si ce film est un effroyable navet, il a tout de même donné lieu à l’une des mises en scène les plus drôles du Twinkie, lorsque le méchant Blackout (Johnny Whitworth), qui a le pouvoir de faire pourrir ce qu’il touche, saisit un de ces gâteaux sans que rien n’arrive à celui-ci.

X-Men : Days of the Future Past (2014) : pour la sortie de Days of the Future Past, Hostess sortit plusieurs produits estampillés « X-Men » : un Twinkie en édition limitée, un Twinkie Blue Raspberry [framboise bleue], ainsi qu’un Twinkie Strawberry [fraise].

X-Men : Apocalypse (2016) : profitant de l’appétit gargantuesque de Quicksilver (Evan Peters), les scénaristes ont imaginé une scène visuellement époustouflante dans laquelle le héros entre dans le manoir des X-Men pour sauver tous ses occupants d’une explosion dévastatrice, laissant son Twinkie flotter dans les airs un court instant.

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Sausage Party (2016) : tout comme Wall-E, Sausage Party jouera avec la légende faisant du Twinkie un aliment impérissable, aux côtés de Firewater et Mr Grits. Ici, le Twinkie dispose d’une magnifique chevelure crémeuse et embrasse délicatement le héros saucisse, le gratifiant de ses encouragements.

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Le Huffington Post a réalisé en 2014 une vidéo hommage au Twinkie au cinéma, reprenant de nombreux extraits des films précités (voir la vidéo ci-dessous).

 Mais la télévision n’est pas en reste en ce qui concerne cette légendaire pâtisserie. À commencer par les Simpsons qui offrirent plusieurs références au produit Hostess au cours de leur histoire. Dans l’épisode 13 de la saison 5 (intitulé « Homer and Apu »), par exemple, un client énervé quitte le Kwik-E-Mart en écrasant des Twinkies entre ses mains. Apu les ramasse ensuite, les défroisse et lance un « Daily customer, you cannot hurt a Twinkie ! » avant de les remettre en place. Dix saisons plus tard (S15E12 : « Milhouse doesn’t live here anymore »), on découvre qu’Homer conserve un Twinkie dans un coffre fort car il est persuadé que si l’on garde un de ces gâteaux durant dix ans, il se transforme en liqueur…

Mais le moment le plus célèbre mettant la plus célèbre famille américaine en présence de la plus célèbre pâtisserie du pays de l’Oncle Sam intervient dans la saison 16, épisode 2 (intitulé « All’s fair in oven war »), alors qu’Homer, plongé dans un rêve rencontre Twinkie the Kid et saute dessus pour lui faire un câlin. Tandis qu’il l’étreint, la mascotte se vide de son contenu crémeux. « Homer m’a tuer »…

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L’épisode 2 de la saison 20 (« Lost Verizon ») et le Christmas Special de la saison 26 (« I won’t be home for Christmas ») offrent également chacun une référence au petit gâteau sucré.

Family Guy su également sauter dans le train Twinkie, en diffusant un épisode hilarant sur le sujet. En effet, l’épisode 3 de la saison 2 (intitulé « Da boom ») de la série de Seth MacFarlane voit les Griffin faire face à un holocauste nucléaire le soir du 31 décembre 1999. Peter se souvient alors que le Twinkie est la seule nourriture susceptible de résister à une explosion nucléaire et décide d’emmener toute sa famille au Massachussets pour y trouver la fabrique de Twinkies en parfait état de fonctionnement ! Nos héros bâtiront ainsi une nouvelle ville autour de ce noyau. Au cours de cet épisode, on pourra également voir les parents de Twinkie the Kid expliquer que leur fils n’était pas comme les autres, étant né sans ossature. Sa mère se rappellera ainsi comment celui-ci joua dans le jardin des heures durant déguisé en Wonder Woman…

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Autre exemple, la série Robot Chicken, célèbre pour ses parodies de la Pop Culture (les épisodes spécial Star-Wars et DC Comics sont à mourir de rire !), mettra également en scène Twinkie the Kid lors d’un duel au pistolet, dont il sortira vainqueur. Les enfants du village venus célébrer sa victoire finiront cependant par le dévorer…

De nombreux autres exemples d’exploitation du Twinkie à la télévision existent encore :

Dans Buffy contre les vampires (S02E04 : Inca Mummy Girl), Alexander (Nicholas Brendon) enseigne à une momie comment manger un Twinkie.

Dans Dexter (S04E06 : If I had a hammer), Debra (Jennifer Carpenter) mange énormément de ces gâteaux.

Dans Chuck (S02E01 : Chuck versus the First Date), Jeff (Scott Krinsky) doit manger 90 Twinkies en 3 minutes – ce qui semble infaisable si l’on se fie à la performance du recordman Takeru Kobayashi. Encore mieux, dans l’épisode 11 de la saison 2 (« Chuck versus Santa Claus »), le spectateur découvrira que le manager du Buy More de Burbank n’est autre que Reginald VelJohnson (Al Powell dans la série Die Hard). Étonnamment, ici encore, celui-ci a un faible pour les Twinkies…

Dans Lost (S01E24 : Exodus Part 2), Hurley (Jorge Garcia) se demande ce qui se cache sous la trappe du bunker et se persuade qu’il pourrait s’agir de Twinkies, également convaincu que la pâtisserie peut se conserver 800 ans.

Du côté des sketches humoristiques, Will Ferrell fit en 2007, à l’occasion de la Draft NFL, une vidéo de trois minutes dans laquelle il forme le joueur de football américain Ryan Kalil au blocage, lui demandant de l’empêcher de passer afin d’attraper le Twinkie posé derrière le sportif. S’ensuit une scène ridicule dont seul Will Ferrell a le secret et dans laquelle il s’acharne à essayer de passer la défense du footballeur en affirmant : « I want that Twinkie so bad ! ».

Voilà, vous savez tout sur le Twinkie !

Pâtisserie iconique ayant souvent fait les beaux jours du Septième Art, le Twinkie est un délice qui n’a pas fini de faire parler de lui. Ressuscitée à deux reprises, cette friandise est représentative d’un mode de consommation et de vie bien américain.

Pratiquement impossible à trouver chez nous, à moins de recourir à l’importation ou d’en trouver une boîte au détour du rayon friandises d’un tout petit magasin inconnu (14 € la boîte de dix aux Pays-Bas… mieux vaut éviter de dire à son épouse le prix déboursé pour profiter de ce délice… c’est ici l’expérience qui parle…), le Twinkie est un peu le Saint-Graal de l’alimentation pour tout cinéphile qui se respecte. Mais après tout, cela fait peut-être partie de son charme pour nous européens, ils sont aussi difficiles à trouver que le Faucon Maltais… Les européens amateurs de Twinkies sont ainsi un peu les Humphrey Bogart de la malbouffe !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 142 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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