Ragna Crimson – Vol.1, traquons les dragons

Scénario et dessin : Daiki Kobayashi
Éditions : Kana
Sortie : 15 février 2019
Genre : manga, shonen

Au sein d’un monde « médiévo-futuriste » de fantasy dans lequel les dragons existent et peuvent prendre forme humaine, les chasseurs de dragons tuent leurs proies à l’aide d’une épée argentée. Dans cet univers, Ragna est le complice d’une chasseuse de dragon, Léonica (alias Léo), la plus jeune et la meilleure de sa profession. Quand Ragna fait le rêve prémonitoire de la mort de Léo, il fait un pacte avec son double du futur, lequel lui lègue toute son expérience et ses pouvoirs de chasseur de dragons suprême, afin de sauver son amie.

Porté par un scénario classique de shonen – manga pour jeunes garçons – de fantasy et traversé par une esthétique dynamique et un trait souvent inventif, Ragna Crimson est transcendé par quelques originalités qui le sortent quelque peu de la routine du genre. L’appel au paradoxe temporel, ou pour tout le moins à une résonance entre présent et futur fantasmé ou alternatif, donne par exemple lieu à un développement assez inédit du personnage principal. Celui-ci initie et cultive un dialogue intérieur avec son « moi » du futur puis avec les souvenirs qu’il garde de ce futur possible – celui où il n’a pas réussi à sauver son amie Léo.

L’autre grande originalité du récit se situe dans le personnage de Crimson, qui n’apparaît que dans la dernière partie de ce premier volume. Ce personnage multiple – à la fois humain et dragon – et transgenre – il est dit clairement qu’il peut changer de sexe à sa guise – apporte une dimension supplémentaire au manga, d’autant plus qu’il semble destiné – ne serait-ce que par le titre de la série – à prendre autant d’importance que celui de Ragna.

Étant donné que ce premier recueil comportant trois chapitres se clôt sur l’ouverture d’une quête initiée de concert par les deux protagonistes – Ragna et Crimson, donc –, le lecteur est habilement mis dans l’attente de celle-ci, laquelle devrait démarrer dans le prochain volume. L’efficacité et l’habileté roublarde seront probablement les apanages de cette série qui s’annonce sympathique et rythmée.

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 332 Articles
Journaliste du Suricate Magazine