“Périphériques” : Un univers intéressant, mais qui aurait mérité une intrigue plus développée

Titre : Périphériques
Auteur : William Gibson
Editions : Au Diable Vauvert
Date de parution : 6 février 2020
Genre : Roman, Science-Fiction, Post-apocalyptique

Auteur devenu culte suite à la parution de Neuromancien, considéré comme le fondateur du cyberpunk, William Gibson nous revient avec Périphériques, un roman qui explore deux visions apocalyptiques du futur, une très proche qui pourrait devenir notre présent et une plus lointaine, qui fait appel au goût de l’auteur pour le cyberpunk.

Pour faire le lien entre ces deux mondes, un mystérieux serveur et des corps d’emprunt, nommés périphériques, qui permettront aux deux personnages principaux, Flynne, qui vit dans un monde assez semblable au nôtre, dans une petite ville rurale d’Amérique et Wilf Netherton habitant la Londres du début d’un certain XXIIe siècle, de se rencontrer.

La lecture des 100 premières pages du roman est assez déroutante, tant le lecteur se trouve confronté à un univers qu’il ne connait pas, essayant de suivre le fil d’une intrigue qui ne décolle pas. Mais que celui-ci ne se décourage pas, car à la manière d’un bon roman policier, tout devient plus clair lorsque les différentes pièces du puzzle se mettent en place. Ainsi, en une centaine de chapitres relativement courts et autant d’aller-retours entre les deux mondes, William Gibson construit un monde cohérent que l’on prend plaisir à explorer. Un univers rempli de technologies étranges, mais finalement proches et accessibles pour les lecteurs curieux et ouverts, habitués aux univers de science-fiction.

Si l’imagination de l’auteur est extrêmement fertile pour créer de nouveaux mondes et si l’idée des périphériques et du serveur revisite l’idée traditionnelle des voyages dans le temps, le lecteur restera néanmoins sur sa faim quant à l’intrigue en général. Il aura parfois l’impression que ces merveilleux univers ne sont qu’un chatoyant décor un peu vide, qui sont sous-exploités par l’auteur.

Au final, on peut affirmer que la lecture de Périphériques est agréable et que le lecteur ne s’ennuiera pas au fil de pages. Néanmoins, on aurait apprécié que William Gibson fasse un usage plus extensif du matériau qu’il avait à disposition. Espérons que l’adaptation en série TV par Amazon Prime fasse honneur à la richesse de l’univers créé, et pourquoi pas, approfondisse certaines intrigues insuffisamment développées dans ce roman.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 142 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine