Ne parlez pas d’amour : la variation N°2 de la Compagnie If Human aux Halles de Schaerbeek

Projet et mise en scène de Gaia Saitta avec Vijaya Bechis Boll, Hervé Guerrisi, Daisy Ransom Philips

Du 17 octobre au 21 octobre 2014 à 20h30 aux Halles de Schaerbeek

Pour ce début de saison, la Compagnie If Human s’associe aux Halles de Schaerbeek autour de plusieurs projets mêlant théâtre et danse. Dans cette variation N°2, Gaia Saitta met en scène trois artistes autour du thème de la déambulation amoureuse. Dans un décor minimaliste nuancé de discrètes métaphores, deux comédiens et une danseuse s’emploient à l’exercice. Le discours est donc chorégraphié et se déploie en plusieurs facettes ce, alors que l’histoire se joue à trois voix ; un homme et une femme se rencontrent et confondent leurs vies le temps d’un émoi puis, alors que s’orchestre l’échange, on se questionne sur la difficulté d’être à deux. Plusieurs tableaux sont ainsi dressés au fil du spectacle et font osciller les sentiments et les réactions. A la manière du conte philosophique, l’histoire s’articule mais celle-ci se joue en accéléré et on assiste à toutes les étapes de ce qui fait toute la difficulté de l’amour.

Cette création est dotée d’un grand sens de l’esthétique mais l’ambiance y est quelque peu sombre et mélancolique, à la limite de l’anxiogène, par moments. Puisqu’il est ici question de lyrisme, on espère en secret que plus de légèreté et d’optimisme se glissent dans le décor. Néanmoins, la réflexion autour du couple est juste et crédible car son incarnation par le duo Vijaia Bechis Boll – Hervé Guerrisi fonctionne bien en scène. Autour d’eux, la danseuse Daisy Ransom Phillips intervient tout en subtilité et vient enchanter l’anecdotique. Ainsi, il est question de l’expérience universelle, de cette envie commune de connaître le bouleversement, dans cette ode à l’amour mais peu de triomphe, en soi ; comme un clin d’œil un peu fataliste sur ce qui rend vivant et anime tout à chacun : le fait d’aimer et de ne plus pouvoir, de se sentir libre puis enfermé par ce qu’on a désiré au plus fort.

A propos Justine Guillard 94 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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