Paracétamol Expérience, une expérience participative aux Riches Claires

Une création collective et de Dorothée Schoonooghe et Vincent Macaigne. Mise en scène de Dorothée Schoonooghe. Chaque soir, l’hôte sera interprété par Laurence Katina, Manuela Leone, Leila Putcuyps, Nejm Halla ou Philippe Rasse. Du 16 septembre au 2 octobre 2020 au Théâtre des Riches Claires.

Bonsoir. Je peux vous débarrasser de votre manteau. Mes mains sont propres vous savez. Merci, c’est un signe de confiance de me le donner. Vraiment merci. Vous êtes venu seul ? Vous habitez Bruxelles ? Vous toussez ? Vous triez vos déchets ? Vous craignez une troisième guerre mondiale ? Vous espérez trouver l’amour ce soir ? Vous avez pensé au suicide pendant le confinement ? Vous croyez au dérèglement climatique ? Vous avez peur de mourir ? Vous êtes
célibataire ? Asseyez-vous plutôt ici, alors.

L’hôtesse du jour nous accueille, élégante, rayonnante, heureuse de recevoir de nouveau du monde. Quelques questions, quelques phrases sibyllines avant qu’elle ne nous installe. Tout est contenu dans ces quelques secondes, la pièce entière en puissance dans cette rencontre. Nous ne serons pas que spectateur, il faudra donner de nous-même pour que la pièce fonctionne, encore plus pour que l’énergie prenne et que ce moment devienne un réel moment de partage.

Paracétamol Expérience sonne comme une ode à l’humanité, à la création et à son caractère vital et essentiel. Il y a dedans une fureur d’être, un besoin de s’exprimer et de marquer le temps. Et maintenant on fait quoi ? On attend quoi ? Des questions posées au public à la cantonade, avec un arrière-goût de semonce, il y a exhortation à réfléchir et à agir, vite, maintenant, sans peur, sans crainte, sans limite.

Quel souffle, quelle puissance dans cette expérience participative qui brouille les pistes et qui dézingue les statuts sociaux et les rôles. En dire plus serait un beau gâchis car c’est la surprise et la prise de conscience du mécanisme se mettant en place qui font aussi le plaisir de cette pièce. Combinés à une scénographie/chorégraphie ficelée au millimètres près, avec de très jolis moments d’histoires contées à deux voix ou d’expression corporelle.

Le paracétamol est un des antalgiques les plus consommés chez nous, il convient à presque tous, est bien toléré et agit vite. Un parallèle évident avec la pièce est fait. Foncez prendre votre antalgique, remède presque miracle aux maux de têtes existentiels. Et puis, très basiquement, il faut retourner remplir les salles, la culture a besoin de nous.

A propos Elodie Kempenaer 107 Articles
Journaliste