Avec Obsessions, le MIMA ouvre son septième chapitre

Photographie de l'exposition "Obsessions" au MIMA, Bruxelles, 2019.

Affiche de l'exposition "Obsessions" au MIMA, Bruxelles, 2019

La septième exposition du MIMA se penche sur la récurrence, comme une idée fixe qui se répète sans cesse. Intitulée Obsessions, elle nous immerge dans l’univers personnel, coloré et imprégné de références pop d’une vingtaines d’artistes qui proposent une centaines d’œuvres, souvent en série.

Après Dream Box, le MIMA ouvre un nouveau chapitre, en collaboration avec La “S” Grand Atelier. La “S” Grand Atelier est un laboratoire artistique situé à Vielsam (province du Luxembourg belge) proposant des résidences à des artistes bruts. À l’heure actuelle, l’art brut est encore mal compris ou sous-estimé. Évoqué pour la première fois par Jean Dubuffet dans les années 1940, le thème “art brut” a eu plusieurs interprétations. Aujourd’hui, on considère l’art brut comme un art réalisé par des artistes ayant une déficience mentale. L’idée de La “S” est que ses artistes résidents peuvent créer seul ou en collaboration, en allant contre le cliché d’un artiste brut qui crée, isolé du monde.

Dans le cadre d’Obsessions, les artistes ont interchangés, se sont inspirés entre eux et avec les animateurs artistes qui les entourent. Quelques artistes invités n’appartenant pas à la résidence sont également exposés. Les œuvres sont directes, elles parlent d’elles même, sans avoir besoin d’un cartel explicatif souvent trop long.

L’art pour l’art

Dans l’exposition, seule la scénographie de Sybille Deligne et Francois De Jonge est mise en place à la manière classique d’une exposition. Les œuvres n’ont pas été générées dans un but de monstration. Les artistes de la résidence créent sans être influencés par les animateurs qui les entourent, et de la manière la plus simple : par envie.

Les informations sont données à la fin de l’exposition afin de ne pas influencer le jugement du spectateur sur les œuvres mais aussi sur les artistes. Beaucoup de questions peuvent exister lorsque l’on regarde une œuvre d’art brut – par exemple quant à la réflexion, à la motivation ou à la conception de celle-ci. Dans le cas d’Obsessions, les curateurs ont préféré que ces questions restent en suspens, dans le but de simplement apprécier les œuvres pour ce qu’elles sont : des œuvres d’art.

Quelques œuvres au détail

La première pièce de l’exposition propose une série de dessins, réalisés par plusieurs artistes résidents et un artiste invité : Paul Loubet. Ici, l’œuvre est collective mais réalisée autour d’un seul thème, le tatouage. Ayant comme point de départ des livres de flash et une charte graphique commune, les artistes ont imaginé leur propre interprétation des tatouages. Influencés autant par leur entourage proche que par la pop culture de leur enfance, les œuvres forment un ensemble homogène, chacune dans son style.

Photographie de l'exposition "Obsessions" au MIMA, Bruxelles, 2019

Sarah Albert est une artiste pluridisciplinaire, entre le dessin et la création textile elle propose des œuvres très narratives qui mettent en scène sa vie. Venant de Paris, elle intègre La “S” il y a quelques années. Elle représente les différentes étapes de son intégration, et justement les problèmes qu’elle peut rencontrer face à celle-ci. Son travail est teinté des notions d’adaptation, de famille éloignée et de difficulté de communication face à un nouvel entourage.

Sarah Albert expose ici différentes séries : des dessins en noir et blanc proche de la BD, des dessins sur tissu, des céramiques, et une série de masque en textile et brodés par endroits, représentant différents artistes et animateurs de la résidence.

Photographie de l'exposition "Obsessions" au MIMA, Bruxelles, 2019.

Installée dans la chapelle, cette pièce importante du musée, l’œuvre monumentale de Barbara Massart invite le spectateur à entrer totalement dans son univers fait de pièces textiles. Barbara Massart crée des costumes qu’elle porte et qui traduisent son évolution personnelle. Ces différents costumes sont autant de facettes de ses différents états d’esprit : à l’image d’une sirène, d’un lézard, etc. Les masques disposés sur l’installation sont ceux qu’elle portait lors des séances photo afin de garder son anonymat face à son entourage proche. Encore une fois, l’univers de l’artiste est pop et coloré. Le spectateur a l’impression d’entrer dans l’intimité de l’artiste tant son installation est complète et touchante.

Photographie de l'exposition "Obsessions" au MIMA, Bruxelles, 2019.

Pour son septième chapitre, le MIMA offre une exposition de taille, comparée aux précédentes. Obsessions contient des oeuvres colorées, influencées par la pop culture, souvent humoristiques ou touchantes. Elle parvient ainsi à combattre certains clichés injustifiés et pourtant toujours d’actualité sur l’art brut.

Infos pratiques

  • Où ? MIMA, 39-41 Quai du Hainaut, 1080 Bruxelles.
  • Quand ? Du 27 septembre 2019 au 7 janvier 2020, du mercredi au vendredi de 10h à 18h et du samedi au dimanche de 11h à 18h.
  • Combien ? 9,5 EUR au prix plein. Tarifs réduits disponibles.
Anaïs Staelens
A propos Anaïs Staelens 14 Articles
Journaliste du Suricate Magazine