Le MIMA évoque son passé et imagine son futur avec Reload

Reload, MIMA museum, 2022.
Reload, MIMA museum, 2022.

Reload, 2022, MIMA Museum

Pour son douzième chapitre, Reload, le MIMA (Millennium Iconoclast Museum of Art) revient sur ses précédentes expos et imagine son avenir si le musée s’arrêtait dans 5 ans. Imaginé en 2014, le musée ouvre ses portes en 2017, un mois après les attentats de Bruxelles, dans un climat politique particulier. Le MIMA se remet en question et s’adapte. Il ne sera pas un musée comme les autres, il sera orienté vers le spectateur. Avec comme motivation de faire découvrir à un large public les artistes provenant des subcultures, l’institution est la première en Belgique à exposer des artistes s’ayant fait connaître sur les réseaux sociaux. Graffiti, bd, skateboard, street art ou tatouage : autant de domaines artistiques que pratiquent les artistes exposés depuis 5 ans.

L’art pour questionner le réel

Intitulé « La caverne », le premier étage de Reload expose des artistes de la collection n’ayant pas exposé lors des 11 précédents chapitres. En référence au mythe de Platon évoquant des illusions comme réalité, la salle critique notre connaissance biaisée de la réalité. Le début du millénaire a été synonyme d’ouverture au monde. L’expansion des voyages en avion low cost et l’émergence des réseaux sociaux offrent à chacun l’opportunité de quitter son chez soi de manière réelle ou virtuelle. Les réseaux sociaux créent de nouvelles personnalités, de nouveaux métiers, une influence de plus en plus forte sur les hommes et favorise également la propagation de l’art contemporain. Le modèle de diffusion n’est plus exclusivement donné aux institutions classiques et des artistes acquièrent une notoriété et un public sans jouer le jeu de la spéculation et du marché de l’art contemporain. Les œuvres exposées à cet étage évoquent la rébellion et la culture vécue à travers les écrans. Des artistes tels que Katsu, Paul Wackers et Antwan Horfee traduisent une expérience urbaine en expérience de studio. Le graffiti quitte la rue et s’installe dans les musées.

Mon colonel & Spit, 2020 « Au royaume de Colospit »
Mon colonel & Spit, Au royaume de Colospit, 2020.

Des œuvres empruntes d’humour

Evoqué comme un miroir imparfait de son passé, « Le terrain de jeu », au second étage, présente les artistes ayant exposé au MIMA. Joan Cornella, exposé lors du chapitre 3 « Art is comics », est encore actuellement l’artiste de la collection le plus connu sur Instagram, reconnaissable à ses peintures colorées, au style enfantin mais à l’humour noir. L’œuvre du duo liégeois Mon colonel & Spit, Au royaume de Colospit, conçue pour une expo sur la Belgique à Paris, dresse une carte du pays annotée d’explications, d’événements, de personnalités connues et de recettes de chez nous. Beaucoup d’autres œuvres présentées visent à parler de sujets sensibles et parfois difficiles avec dérision et humour.

Reload, 2022, MIMA Museum
Reload, MIMA Museum, 2022.

Un exercice de prospective

Et si le MIMA venait à disparaître ? Que resterait-il du musée, de ses œuvres et de son histoire ? Le dernier étage de l’expo, intitulée « Les champs Elysées », se pose ces questions. Les concepteurs de Reload imagine un futur dans lequel Bruxelles a été engloutie par les eaux. Dans une ambiance florale et poétique, des vidéos restent comme seuls témoignages de l’existence du musée. Des œuvres exposées, il ne reste que des traces virtuelles, partagées sur le net. Entre interviews des curateurs, fondateurs et artistes, reportages du JT et pages de citations explicatives, le spectateur peut revoir le MIMA à ses débuts.

La question de la pérennité des œuvres d’art se pose, à l’heure où elles sont de plus en plus nombreuses. Y a-t-il un sens à les garder toutes ? Que peut-on et doit-on conserver ? Avec une collection de 120 pièces par 61 artistes débutée en 2015, le Reload du MIMA est un peu comme un reboot, une mise à jour et un regard en arrière sur le passé de l’institution afin d’envisager son avenir. Cette exposition est par ailleurs un excellent aperçu de l’univers coloré, imprégné de pop culture, d’humour et de dérision, que le musée offre aux spectateurs depuis déjà 5 ans.

Infos pratiques

  • Où ? MIMA, 39-41 Quai du Hainaut, 1080 Bruxelles.
  • Quand ? Du 4 février au 29 mai 2022, du mercredi au vendredi de 10h à 18h et le weekend de 11h à 19h.
  • Combien ? 11,50 EUR. Différents tarifs réduits possibles.
A propos Anaïs Staelens 40 Articles
Journaliste du Suricate Magazine