Nos Patriotes, les débuts de la Résistance

Nos Patriotes

de Gabriel Le Bomin

Historique, Guerre

Avec Marc Zinga, Alexandra Lamy, Pierre Deladonchamps, Louane Emera, Audrey Bastien

Sorti le 14 juin 2017

Apparemment passionné par l’histoire du XXème siècle, le français Gabriel Le Bomin, après avoir consacré un long métrage à la Première Guerre mondiale (Les Fragments d’Antonin, en 2008), en dédie cette fois-ci un à la seconde. Avec un casting délibérément plus populaire, il tend probablement à vulgariser un épisode méconnu de la Résistance française : l’histoire d’Addi Ba, surnommé le « terroriste noir ». Mais cette volonté de toucher un public plus large grâce au « star système » s’accorde assez mal avec le style du réalisateur, qui semble hésiter entre un réalisme sombre et une esthétique plane, plus proche de ce à quoi sont habitués les spectateurs de télévision dans le traitement visuel de ce genre de sujet.

En 1940, ce jeune tirailleur sénégalais du nom d’Addi Ba s’échappe après avoir été fait prisonnier par l’ennemi et trouve refuge dans les Vosges, où il obtient de faux papiers grâce à l’aide de quelques villageois. Intégrant la Résistance locale, qui voit en lui un atout au vu de son passé de soldat, il prend vite du gallon dans ce groupe de renégats qui finissent par former le premier « maquis » de la région.

Moins honteux que La Rafle ou encore que la récente adaptation d’Un sac de billes, qui tentaient de glamouriser des épisodes tragiques de la Seconde Guerre grâce à un casting de stars et de faire de « belles images » de manière complètement antinomiques, Nos Patriotes suinte la bonne volonté à ce niveau-là, essayant par tous les moyens d’éviter le consensualisme ou l’esthétisation. Le personnage d’Addi Ba est présenté de manière parfois assez ambiguë, notamment dans ses rapports avec les femmes, et la photo du film va constamment chercher dans les tons neutres, voire sombres.

Mais tout ce qu’il y a autour – les dialogues édifiants, les prestations outrées d’une grande partie du casting (Marc Zinga s’en sort plutôt bien, mais les trois autres têtes d’affiches sont dans le surjeu constant) et la reconstitution globale de l’époque et du contexte historique – fait tomber le film dans ce qu’il voulait a priori éviter, au point qu’il ne se démarque finalement jamais du tout venant de films historiques appliqués, didactiques et paralysés par leur sujet.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine