« Mrs Lowry & Son » : l’essence d’un peintre

Mrs Lowry & Son
d’Adrian Noble
Biopic
Avec Vanessa Redgrave, Timothy Spall, Stephen Lord
Sorti le 8 juillet 2020

Mrs Lowry & Son est un film biographique se déroulant aux alentours de Manchester et retraçant la vie du célèbre artiste peintre L. S. Lowry né en 1887. Réalisé par Adrian Noble, le film se penche sur la relation bizarre entre Lawrence Stephen Lowry et sa mère dominatrice – et alitée -, qui a des réserves sur l’engouement de son fils pour la peinture. 

Timothy Spall interprète Lawrence Stephen Lowry, un vieux garçon emprisonné dans une relation fusionnelle et malsaine avec sa mère, brillamment interprétée par Vanessa Redgrave. Sa mère essaie sans cesse de le dissuader de poursuivre ses ambitions artistiques et ne manque jamais une chance de lui dire à quel point il la déçoit. Irritable et nerveuse, elle utilise sa maladie pour dominer son fils, si désireux de lui plaire.

De ce point de vue-là, le film dépeint le tragique de la quête de reconnaissance parentale et Vanessa Redgrave sait magnifiquement montrer la domination de cette mère, pourtant malade et alitée. Faisant toujours mine de vouloir lui plaire, il ne peut cependant s’empêcher de peindre, comme si cet art devait jaillir de lui, malgré lui. Sa peinture est toutefois peu présente dans le film et apparaît en filigranes comme une œuvre contemplative qui lui booste le moral. Lowry est devenu célèbre sur le tard, pour avoir peint des scènes de la vie dans les districts industriels du nord-ouest de l’Angleterre au milieu du XXe siècle.

Leur huis clos est égayé de promenades où Lowry fait le pitre pour les enfants du quartier, de quelques rôles bien secondaires et de retours sur des moments en bord de mer quand Lowry était enfant. A la fois oppressant et banal, le film illustre une sorte de maltraitance consentie sur fond de découverte d’un talent singulier.

Les dialogues ont du mordant et Lowry a une personnalité solide qui sait savourer les petits plaisirs de la vie, que ce soit l’écoute de la radio ou le rire des enfants. Les décors du début du XXe siècle sont savoureux et authentiques. Ce film, très anglais, ne sera pas pour tous les goûts, mais ravira les admirateurs de l’artiste et les amateurs de théâtre filmé.

Myriam Watson
A propos Myriam Watson 43 Articles
Journaliste du Suricate Magazine