Les Franglaises, au Cirque Royal le 6 juin : préparez-vous à délirer avec eux

Détournant le jeu du blind test, les Franglaises traduisent les grands standards de la pop anglo-saxonne en français au premier degré et mélangent musique, théâtre et danse. Le Suricate les a interviewés lors de leur passage à Bruxelles pour la tournée de promo avant leur show au Cirque Royal le 6 juin prochain.


Comment vous est venue l’idée de ce spectacle ? Comment a t-il évolué ?

L’idée est venue d’un délire entre copains en soirée. On a testé l’idée dans un café-concert avec un spectacle qui mélangeait musique traduite et sketchs et on s’est rendu compte qu’on tenait un bon concept. On se connait depuis 20 ans et ça fait 10 ans qu’on joue ce spectacle ensemble.

Maintenant, la première partie du spectacle est interactive, avec un présentateur qui anime un blind-test avec le public. Ensuite le spectacle suit une écriture, une dramaturgie. Dans la deuxième partie, on part dans une approche de comédie musicale. Le processus de sélection des chansons est participatif, à l’envie, même si notre metteur en scène, Quentin Bouissou, qui est avec nous depuis 4 ans, fait beaucoup de propositions. On improvise beaucoup au plateau, dans un modèle de démocratie participative.

Au Cirque Royal, le 6 juin, il y aura une première partie très festive et dansante.

Savez-vous si l’inverse existe : y a-t-il une troupe anglaise ou américaine qui reprend les tubes français ?

Hm… Y a t-il des tubes français qui s’exportent si bien à l’étranger ? C’est plus compliqué dans ce sens-là. Juste la semaine dernière, dans un pub à Londres, il y avait des anglais qui chantaient Manu Chao et Gainsbourg, la javanaise en anglais. Il y a aussi beaucoup d’artistes français qui ont traduits et chantés leurs chansons en anglais : Piaf, Aznavour, Brel, Mireille Matthieu…

Quelles sont vos chansons/traductions préférées ?

Le plus drôle, le plus absurde, c’est de traduire mot à mot, surtout quand il y a des expressions qui n’existent pas en français. Par exemple, dans Billie Jean de Michael Jackson il y a l’expression I’m the one qu’on traduit par je suis le un, alors qu’en anglais, ça veut dire je suis l’élu.

Combien êtes-vous sur scènes et en tout ? Combien de temps avez-vous mis pour réaliser ce spectacle ?

On est une douzaine sur scène et une vingtaine de personnes dans la troupe. Les techniciens font partie de la création du spectacle. On aimerait former des nouveaux et s’élargir un peu, devenir quarante, cent, mille… Le spectacle évolue toujours, on a peut-être eu 70 versions. La surprise est tout le temps là. On joue en moyenne une centaine de dates par an.

Pouvez-vous partager une anecdote sur votre troupe ?

Il y en a beaucoup, c’est large. Il y a eu des aventures, c’est un peu Hélène et les garçons, Le miel et les abeilles… Au bout de dix ans d’une troupe mixte, il s’en passe des choses. Plus sérieusement pouvoir jouer ce spectacle à Montréal, ça a été une expérience importante. On a blagué sur le fait de gagner un Molière, et l’année d’après, on l’a eu.

Qu’est-ce que le Molière du meilleur spectacle musical, que vous avez obtenu en 2015, a changé pour vous ?

Le Molière a rendu nos parents et notre entourage très fiers. Cette consécration du milieu a été une reconnaissance qu’on proposait un spectacle de qualité, au-delà du concept de base. Ça a pu diversifier du public et d’attirer plus de producteurs.

Comment décririez-vous votre spectacle en 3 adjectifs et que souhaitez-vous apporter à vos spectateurs ?

Absurde, généreux, vivant. On souhaite apporter de l’énergie aux gens, de l’amour, un moment où ils oublient tout. On nous dit souvent que le spectacle « devrait être remboursé par la sécurité sociale, ça fait longtemps que je n’avais pas rigolé comme ça ». On aimerait être potes avec tout le monde dans la vie et allait boire un coup avec les mille personnes venues voir le spectacle et que ce soit la fête.

Vous êtes à Bruxelles, ville européenne, qu’est-ce que ça vous inspire ?

Bruxelles nous évoque un carrefour, représentatif de l’Europe. Elle rassemble plusieurs cultures, plusieurs langues sous un même drapeau, sous une même énergie. L’Europe, c’est très franglais ! C’est complètement dans notre état d’esprit artistique, politique et sensible de réunir des gens qui n’ont rien à voir ensemble et d’en faire quelque chose de commun.

La Belgique, c’est aussi un pays avec trois langues, avec les panneaux en plusieurs langues. La Belgique et Bruxelles se rapprochent finalement plus de la « Frangle » que la France.

On ressent que le public belge est beaucoup plus habitué à jongler entre les langues. Il a de l’humour et la générosité. La Belgique est au milieu de plein de pays, et on y retrouve un peu de tout. En se baladant dans Bruxelles, on a parfois l’impression d’être à Londres, à New-York, c’est génial. Ici, les choses ont l’air d’être moins cloisonnées qu’en France.

Vous vous sentez plus français ou plus européen ? Et avez l’impression de participer à une scène culturelle européenne ?

On est très français. On a un humour français, avec des références françaises et des codes français. On aimerait beaucoup exporter le principe à plusieurs pays, par exemple de l’anglais à l’espagnol. Là on devrait s’intéresser à la culture et à l’humour espagnol, avec des gens sur place. On a eu quelques spectateurs non-francophones qui même sans parler français nous ont dit aimé le spectacle, qui caricature les codes d’humour français. On a reçu le prix des mots d’or de la francophonie pour la défense de la langue française, alors que nous à la base on voulait juste se marrer, notre œuvre nous dépasse.

Le travail d’adaptation de notre état d’esprit à une autre culture devrait être très intéressant. A Montréal, les premiers jours, on voyait que ça ne fonctionnait pas et au bout d’une semaine, on a pu calibrer pour ce public, ce qui était très excitant.

Info et Tickets :  
www.cirque-royal-bruxelles.be
www.ticketmaster.be
www.fnac.com
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Myriam Watson
A propos Myriam Watson 35 Articles
Journaliste du Suricate Magazine