Le Sapin en plastique aux Riches Claires

De et mis en scène par René Bizac, avec John Dobrynine

Du 26 janvier au 11 février 2017 à 20h30 au Théâtre des Riches Claires

Avachi dans son canapé, un homme se réveille soudainement dans un appartement miteux. Autour de lui, des cartons de pizza, une télé, une plante fanée et un sapin en plastique qui clignote : tic tic, tic tic. Il nous parle de ses voisins, de Monique, la blonde du dessus, des pelles à tarte, du télé-achat, de Christiane, sa femme qui s’est barrée, du livreur de pizza, et des autres. Il y a aussi un téléphone qui sonne… Toujours. Le téléphone qui sonne.

Accompagné d’une télé qui fonctionne de manière (savamment) aléatoire, John Dobrynine assure, seul en scène, le monologue de la pièce écrite et mise en scène par René Bizac. Dans un accent purement « brusseleir », le personnage papote et radote selon les aléas des bruits de l’immeuble et de sa mémoire. Entre apparence misérable et commentaires désobligeants, le personnage raconte sa vie, celle d’avant et celle de maintenant.

Le sapin en plastique est annoncé comme une pièce humoristique et acide, mais elle désarçonne dès le début par son type d’humour plutôt vulgaire. Censés révéler la solitude et les blessures du personnage, les blagues et commentaires agressifs sur son entourage, les autres habitants de l’immeuble comme sa famille, sont le plus souvent sexuels, un peu scatos, voire misogynes – encore que, il n’épargne personne.

Un personnage seul en scène qui monologue et digresse pose inévitablement le défi de l’enchaînement et du rythme de la parole. Le comédien fait preuve d’énergie, mais cela ne parvient pas à prévenir les cassures de rythme, plutôt que la suggestion ou l’ellipse, qui se cachent dans les silences du texte. Le retournement de situation final met les choses en perspective, donne un peu plus de profondeur à l’ensemble et à la solitude du personnage, mais cela ne suffit pas à reconquérir le spectateur.

Bien qu’une partie du public se soit fendue d’un bon rire à plusieurs reprises et que le final de la pièce soit une bonne surprise, Le sapin en plastique ne nous a pas convaincu.

Elodie Mertz
A propos Elodie Mertz 118 Articles
Journaliste du Suricate Magazine