Le Dernier Casting : “Un point de rencontre entre trois existences auxquelles chacun peut s’identifier”

Le Dernier Casting

affiche du spectacle Le Dernier Casting

Suite au succès du Cirque des Femmes, la compagnie les Filles du Nord présente sa nouvelle création, Le Dernier Casting, avec une mise en scène d’Alexis Van Stratum. L’occasion pour le Suricate Magazine de réaliser un sympathique entretien-apéritif avec l’auteure et comédienne Ann Vandenplas.


Le thème du casting pour votre comédie est très intéressant car il possède un fort potentiel tragi-comique. Quels sujets abordez-vous?

J’avais envie de parler du casting car c’est un exercice très particulier. Contrairement à l’entretien d’embauche pour lequel on peut se préparer, le casting, c’est une autre affaire car il y toute une série d’inconnues ! Le directeur de casting – dans la pièce il s’agît d’une réalisatrice – a une série de choses en têtes que vous ne connaissez pas. Vous n’avez pas non plus de contrôle sur votre physique, votre gestuelle et votre manière de dire les choses, et ne savez pas ce que cela lui inspire. Tout cela est assez anxiogène. J’ai également voulu de parler du milieu du cinéma versus celui du théâtre de boulevard. Cela m’a amusée de jouer sur la rencontre de ces deux mondes qui ont chacun leurs codes. Ce dialogue de sourds dans la pièce donnera lieu à des situations comiques mais aura aussi un effet sur les personnages.

Comment est-ce que les Filles du Nord ont écrit cette pièce ? Est-ce qu’il y a du vécu?

En tant que comédienne, j’ai passé des castings et avec ma co-auteure Micheline [Mordenfeld]. Nous avons rencontré des directeurs de casting qui nous ont donné des éléments, des anecdotes que nous avons glissé dans la pièce afin de rendre les situations plus vivantes. Dans notre travail d’écriture, nous nous complétons très bien avec Micheline puisque j’apporte beaucoup de matière et elle est excellente pour affiner l’écriture et trouver les bonnes tournures.

Micheline a plus particulièrement travaillé sur son propre rôle, celui de la réalisatrice Anna Gold. Pour cela, elle s’est beaucoup inspirée de la réalisatrice Chantal Akerman et d’autres grands personnages du cinéma qui peuvent être très charismatiques mais aussi parfois colériques et un peu dans leur monde.

Pour notre précédent spectacle, le Cirque des Femmes, nous avons beaucoup travaillé avec l’improvisation. La création du Dernier Casting était très différente car nous avons écrit chacune de notre côté puis échangé nos travaux, avant de tester la pièce sur le plateau et de finaliser son écriture.

Que pouvez-vous nous révéler sur les trois personnages ?

Ces personnages représentent trois archétypes avec des couleurs bien distinctes. L’assistante Louise, interprétée par ma comparse Julie Dieu, représente l’arriviste, la femme ambitieuse et très sexuelle. La réalisatrice Anna Gold est la sorcière très charismatique et autoritaire.  L’actrice Cathy, que j’interprète, est quant à elle la sainte gentille et naïve. Ces trois femmes sont à un moment complexe de leur vie. La réalisatrice a fait des films à succès mais aspire à retourner aux films d’auteur. L’actrice veut passer du théâtre de boulevard au cinéma et l’assistante qui a réussi par des moyens peu catholiques, a peur d’être démasquée. La rencontre de ces trois personnages va les aider à trouver un chemin plus en accord avec elles-mêmes. C’est ce trajet auquel on va assister lors de ce casting un peu particulier.

Vous avez également participé à l’écriture des musiques du Dernier Casting. Quel rôle jouent les chansons dans le spectacle ?

J’ai été autrice-compositrice de mes propres chansons il y a une dizaine d’années. C’est pourquoi j’ai cherché à ramener la musique dans le théâtre. Nous avons reçu un excellent retour du public pour les trois chansons intégrées dans Le Cirque des Femmes. Nous avons donc décidé d’inclure cinq chansons dans Le Dernier Casting qui tiennent un rôle bien particulier : celui de mise à nu des personnages où elles se confient et parlent de leur vécu. C’est une sorte de “Bas les Masques” qui révèle leur intimité.

Le compositeur Piotr Paluch, qui a créé les musiques avec moi, est un ami de longue date. Il s’adapte à toutes les situations et nous ne comprenons très rapidement. C’est un bonheur de collaborer avec lui et j’espère pouvoir continuer sur les projets suivants.

Votre spectacle précédent, Le Cirque des femmes, a séduit un large public avec 75 représentations. A qui s’adresse Le Dernier Casting, et en quoi se diffère-t-il de votre précédent spectacle ?

Le Cirque des Femmes a été une belle aventure et nous avons été surprises de pouvoir le jouer pendant trois ans. Il s’agissait d’une galerie de portraits tandis que, dans Le Dernier Casting, il y a une histoire suivie, une dramaturgie et un fil conducteur. Cette pièce s’adresse à tout le monde car nous nous sommes servies du casting dans le milieu du cinéma comme un point de rencontre entre trois existences auxquelles chacun peut s’identifier. Anna a pris un chemin différent de qui elle est et essaie désespérément de revenir à son point de départ. Cathy va réussir à intéresser la réalisatrice et ainsi connaître un retournement de sa situation. Enfin, l’assistante qui a beaucoup triché, cherche à se rattraper. Ces sujets universels et ces histoires pourraient inspirer les spectateurs tout en les amusant et les intéressant puisqu’ils verront les coulisses du milieu du spectacle.

Avez-vous déjà des projets pour la suite ?

Je suis en train d’écrire un projet de pièce qui me tient fort à cœur. Il raconte la ville de Bruxelles à travers l’histoire d’un frère et d’une sœur. Micheline a un projet de pièce d’humour sur les situations entre mères et filles et Julie sera à l’affiche de 1984 au Théâtre Royal du Parc en mars 2019.


Le Dernier Casting se joue du 4 au 8 février 2019 dans le cadre du off du Festival Propulse à Clarencière, le 9 février 2019 au Centre culturel Jacques Frank (Jacques Frank Comedy Club) et le 14 février 2019 au Centre culturel d’Uccle (Festival “La cerise sur le gâteau”).

Sophie Karides
A propos Sophie Karides 9 Articles
Chroniqueuse du Suricate Magazine