Kubo et l’armure magique, une oeuvre intimiste

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Kubo et l’armure magique
de Travis Knight
Animation
Sorti le 28 septembre 2016

Vivant reclus avec sa mère partiellement amnésique, le jeune Kubo doit se lancer à la recherche des trois parties d’une armure magique, seul moyen de lui apporter la force nécessaire pour combattre ses assaillants.

Après Coraline, ParaNorman et Les Boxtrolls, voici donc le petit dernier des studios Laika, spécialisés dans l’animation en image par image. Le film constitue également la première réalisation de leur directeur, à savoir Travis Knight, et force est de reconnaître qu’il s’en sort avec honneur.

Comme d’accoutumée, l’animation se révèle époustouflante et jouit d’une belle richesse visuelle qui trouve ses sources dans le Japon antique. Le tout est mis en valeur par une mise en scène inspirée, aussi bien lors de combats épiques que lors de moments plus calmes, maintenant l’intérêt constant du spectateur.

Kubo et l’armure magique est cependant loin de n’être qu’une réussite technique. Car outre l’aspect « aventure », qui ménage tout de mêmes plusieurs morceaux de bravoure marquants, c’est l’aspect intimiste de l’œuvre qui lui confère sa force indéniable.

Dans sa recherche des différents artefacts magiques, le jeune héros sera aidé par des acolytes originaux et sympathiques, à l’origine d’un humour bienvenu. L’ intrigue revêt donc des atours classiques de quête initiatique, mais le tout est relevé par un univers magique inédit et au final assez cohérent. Tout au long de la quête, le scénario pose ses pièces une à une, permettant à chaque nouvel élément de trouver la place dont il a besoin. Certains se révèlent à ce titre un peu trop évidents. Quelques unes des ficelles scénaristiques sont ainsi trop voyantes pour se révéler vraiment surprenantes, ou trop grosses pour pleinement convaincre. Néanmoins, le tout s’aligne pour offrir un nouveau niveau de lecture à l’ensemble de l’histoire, et ainsi apporter une puissance émotionnelle non négligeable à un final au demeurant assez sobre, mais particulièrement touchant. Car l’histoire de Kubo peut également s’interpréter comme l’étude d’une famille marquée par des évènements tragiques, et sur la compréhension de la mort par un jeune garçon.

La transmission des histoires occupant également une grande place dans le film, espérons que les studios Laika en aient encore d’autres du même acabit à nous conter, Kubo et l’armure magique, se trouvant être une de leurs meilleures réalisations.

Guillaume Limatola
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Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine