Les Royaumes d’artifices au Théâtre Poème

Ecrit et mis en scène par Lucile Urbani, avec Cécile Maidon, Réhab Mehal, Pierrick De Luca, Emmanuel Texeraud

Du 18 au 28 juin 2015 à 20h au Théâtre Poème

Amélie, Anatole, Amédée et Arlette.

Dans ce foisonnement d’incompréhensions, ces quatre noms, et non ces quatre personnages, sont bien les seuls piliers de raison de cette pièce.

Ce sera à l’appréciation du spectateur de savoir si c’est ce qui fera son charme ou pas.

Commençons par le décor.

Le temps de quelques clignements d’yeux, on pourrait avoir l’impression de se trouver en face d’un décor de pièce scolaire. Puis au fur et à mesure que les personnages s’installent, que l’histoire se pose, on en comprend le sens. Alors oui, le décor fait eu peu “chantier” mais il est à l’image d’Amélie, Anatole, Amédée et Arlette ; il est fragile, kaléidoscopique, un peu occulte, un peu mystérieux et très fouillis.

On pourrait dès lors se poser la question de savoir jusqu’à quel point le décor est le reflet de l’histoire dans ce type de pièce.

Du décor passons alors à l’histoire.

Amélie est aquariophile, a une hanche déboîtée et sue beaucoup, Anatole est astronome et a un œil poché, Amédée est botaniste et a de l’herpès labial et Arlette est pâtissière et a de l’asthme. Ce sont des résidus d’humain. Ils se sentent comme cela du moins. Dans ce décor ,comme un mini-monde, ils interagissent entre eux avec leurs psychoses, leurs défaillances, leurs obsessions et leurs blessures. Faisant écho à leurs troubles intérieurs, ils déclament un texte qui sous une couche d’absurde laisse voir une réalité d’êtres écorchés.

Mais il faut s’accrocher pour saisir tout cela. A l’exception de quelques passages fins et vraiment émouvants, qui m’ont personnellement touchée par la grâce qui en ressortait, j’ai été plus surprise que prise par la pièce. Peut être était-ce le but mais est-ce que l’absurde justifie tout en art ?

Finalement, Les Royaumes d’artifices n’est pas une mauvaise pièce. Elle fait partie de ces œuvres qui se modulent réellement dans le regard du spectateur, loin du regard objectif ou professionnel.

Une expérience à vivre.

Elodie Kempenaer
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