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    Lost and Found, immersion dans la photographie japonaise à la Fondation A

    Lost and Found expose l’œuvre d’une quinzaine de photographes japonais à la Fondation A. Entre moments de fête, recueillement et scènes de la vie quotidienne l’exposition aborde différentes visions d’artistes au sein d’un pays en constante évolution et marqués par les catastrophes.

    Une partie des photographies présentées appartiennent à la collection de la fondation, auxquelles s’ajoutent une sélection d’œuvres de photographes féminines ou en couleur. L’intérêt d’une collection est de regarder ce qu’on garde et ce qu’on empreinte afin de sublimer l’ensemble. L’exposition présente une série d’artistes se questionnant sur les bouleversements et les changements de l’histoire contemporaine japonaise, parsemée de séismes et de moments de fêtes joyeux et fédérateurs.

    Les objets comme témoins d’une catastrophe

    La première oeuvre lorsque l’on pénètre dans l’exposition est celle de Takahashi Munemasa et donne son titre à l’exposition. Le projet Lost and found naît après le tsunami de mars 2011 lorsque l’artiste Takahashi Munemasa se mobilise comme bénévole pour retrouver des photos des habitants victimes du séisme à Yamamoto. Les photos trop abîmées pour être redistribuées à leurs propriétaires, jugées sans espoir sont vouées à être détruites. Takahashi Munemasa les récupèrent pour créer une œuvre mémorial intitulée Lost and found qui deviendra par la suite une exposition itinérante dont les fonds récoltés iront aux survivants.

    L’image prend une double lecture; d’une part son passé partiellement disparu, effacé le séisme qui n’est plus identifiable et d’autre part son futur; la projection de ce que l’on voit, l’œuvre qui se crée et qui invite à une interprétation du spectateur.

    Ishiuchi Miyako photographie sur une table lumineuse des vêtements et objets ayant appartenu aux victimes de la bombe d’Hiroshima. Cette disposition leur donne un aspect léger, ils semblent flotter hors du temps, n’appartenant plus à un passé d’avant la bombe mais n’étant plus inscrit dans un présent à tout jamais différent. Chaque objet reste le seul témoin d’une silhouette absente, l’œuvre propose un rapport moins direct à la violence et se retrouve plutôt dans le recueillement. Ishiuchi Miyako a été invitée par le Mémorial de la paix pour présenter cette œuvre.

    La vie quotidienne et les scènes de joie

    Festival réputé dans tout le japon pour ses chars colorés et lumineux qui paradent dans la ville et pour ses danseurs en tenue traditionnelle, le matsuri Nebuta d’Aomori attire chaque été des milliers de spectateurs. L’artiste Sugimoto Tatsuki obtient une autorisation d’accès à la seule passerelle de la ville qui surplombe la rue principale. Il en ressort une série de photos au format cinématographique qui capte parfaitement le mouvement des chars et l’effervescence de la foule. Pensée comme un ensemble, l’oeuvre est composée de trois bande photographiques en noir et blanc qui immerge dirctement le spectateur dans l’ambiance de la fête.

    Anaïs Staelens
    Anaïs Staelens
    Journaliste

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