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    Territoires intérieurs : un dialogue entre Anto Carte et Gustave Van de Woestyne au Musée & Jardin Van Buuren

    Présentant deux artistes majeurs de l’art belge du XXème siècle, Territoires intérieurs s’installe au Musée & Jardins Van Buuren. L’exposition joue sur les similitudes entre le travail des peintres Anto Carte et Gustave Van de Woestyne en exposant leurs œuvres en parallèle sur un thème commun : le jardin comme refuge intérieur.

    Une exposition en dialogue

    Prenant place dans toute la maison Van Buuren, parmi certaines œuvres déjà présentes, les peintures d’Anto Carte et Gustave Van de Woestyne sont présentées par paires. Elles évoquent les mêmes sujets, semblent se répondre, même si les artistes ne se sont jamais côtoyés. Les œuvres des deux artistes dialoguent entre elles au fur et à mesure de la visite dans les différentes salles de la maison.

    L’exposition joue sur les contrastes qui lient les deux peintres. L’un naît en Flandre, à Gand, et l’autre naît en Wallonie, à Mons. Les deux artistes exercent durant la même période, mais ni l’un ni l’autre n’appartient à l’avant-garde de leur époque. Ils s’inscrivent tous les deux dans la continuité des primitifs flamands et italiens. Il n’y a aucune trace de correspondance entre les deux artistes, bien qu’ils aient participé à une exposition commune à Paris.

    Anto Carte, Mois de Marie, s.d., Private collection, Charleroi

    La nature comme sujet

    Ici, le jardin prend une double dimension : c’est un espace physique délimité reprenant des scènes de vies quotidiennes, et c’est également un espace intérieur ressenti comme un lieu de sérénité et de repli sur soi. L’idée d’un jardin clos, abrité et protégé du regard extérieur, est le fil rouge de l’exposition Territoires intérieurs et est un clin d’œil au jardin du musée. La nature est traitée sous le motif des jardins clos, tel un jardin d’Eden, une enclave protectrice du monde réel.

    Le paysage est perçu comme une source d’inspiration et non comme un modèle ; ce n’est pas une représentation fidèle d’un paysage existant, mais une composition, un assemblage de différentes parties.

    Gustave Van de Woestyne, Annonciation au milieu d’un paysage, 1933, Van Buuren Muséum & Gardens collection

    Dans ces paysages s’articulent des personnages. En plein travail, comme pour les deux tableaux des semeurs. Les deux artistes représentent un semeur de dos, le bras élancé par le geste de semer des graines, semblant se répondre de manière parallèle.

    L’aspect religieux est présent avec un parallèle de deux œuvres ayant pour thématique la vierge et la campagne. Ici, la nature reprend sa place de territoire sacré, les personnages n’étant finalement représentés qu’au premier plan ou dans une petite partie de la peinture. Autour et derrière eux se déroulent des scènes de vies quotidiennes : une fête de village et des animaux dans les prés.

    La dernière série de peintures, présentée à l’étage, porte sur les thématiques du corps et de la maternité. Ici, trois œuvres sont présentées pour former un ensemble. Maturité de Gustave Van de Woestyne serait un portrait de sa femme, alors enceinte de leur premier enfant. Elle est couchée dans l’herbe entre des pommes ; on y voit un symbole de fertilité, une ode à l’amour du peintre pour sa femme. La Maternité et Mère et enfant, tous les deux d’Anto représentent une mère et son enfant dans ses bras dans un village, soit assis sur un muret, soit sortant d’un jardin.

    Anto Carte, Mère et enfant, 1935, Private collection, Bruxelles

    Anto Carte et Gustave Van de Woestyne ont comme point commun cet attachement aux actions et à la vie paysanne. Souvent représentés dans les œuvres exposées, le travail manuel et les gestes des paysans au travail évoquent un retour aux sources, un retour vers plus de simplicité et d’accord avec la nature.

    Territoires intérieurs propose au spectateur un bel aperçu du travail des deux peintres belges tout en abordant différentes thématiques. La visite se fait de manière très fluide ; l’ambiance et le charme de la maison Van Buuren ajoutent à la qualité de l’expérience.

    Anaïs Staelens
    Anaïs Staelens
    Journaliste

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