La Grande Aventure Lego

la grande aventure lego affiche

La Grande Aventure Lego

de Phil Lord & Chris Miller

Animation

Sorti le 26 février 2014

Critique :

Emmett est un petit personnage du monde merveilleux de Lego. Dans ce monde idyllique, tout est super génial (dixit la chanson entonnée par notre protagoniste) à un point tel qu’il est impossible pour Emmett de vivre une autre vie que celle qui lui a été offerte. Ouvrier du bâtiment de son état, autrement dit simple pion d’une chaîne bien rôdée, ce petit bonhomme en plastique jaune est d’une insouciance enfantine, suivant à la lettre les plans qui lui sont attribués. Mais au-dessus de son monde, Lord Business veille et est bien décidé à anéantir toute rébellion à l’ordre établi. Comment ? En engluant purement et simplement le monde des Lego. Pour faire face à ce plan machiavélique, la prophétie a désigné le Spécial qui n’est autre que… Emmett.

Après le discutable Tempête de boulettes géantes et le très drôle 21 Jump Street, le duo Phil Lord – Chris Miller est de retour avec une production hors du commun à bien des égards, La grande aventure Lego. Véritable carton outre-Atlantique, ce film d’animation mettant en scène les fameux personnages de la marque de jouets danoise va probablement conquérir le cœur des enfants et vider le portefeuille de leurs parents tant le placement de produit n’aura jamais aussi bien été transposé à l’écran.

De fait, et autant le dire d’emblée, ce long métrage d’animation est avant tout une publicité d’une heure et demi ventant uniquement les produits de la marque éponyme. Nul doute que l’idée commerciale était bien présente dans les esprits lors de la genèse du projet. Mais, en visant juste et en s’accaparant le public adulte avec des connotations et des anecdotes hilarantes et subjectives, les deux cinéastes ont su aller au-delà de ce que l’on peut appeler une publicité.

Et pour cause, même si le fil narratif de l’histoire tend à nous assener les mérites de la marque et son évolution à travers les époques, la magie opère grâce à l’humour omniprésent mais également grâce à un travail graphique d’une précision remarquable. Sur ce dernier point, on ne peut que s’incliner face aux images et aux réalisations en images de synthèse qui sont à couper le souffle. En outre, l’histoire alterne les genres sans pour cela les emmêler. On passe ainsi de la comédie au drame, de la science-fiction à l’action, tout cela au travers un récit d’aventure. Une prouesse remarquable.

Mais passé cet état de contemplation, notre conscience a tout de même été titillée, se rendant elle-même coupable de trouver jouissive une publicité flagrante destinée à un public qui ne s’en rend pas compte. À cette question intéressante, l’on pourrait aisément la prendre à contre-sens : est-il préférable de faire du marketing explicite plutôt que du placement produit déguisé ? La question reste ouverte.

Quoi qu’il en soit, l’histoire tient la route dans son ensemble et ravira à coup sûr les plus jeunes d’entre nous même si certaines références ne leur parlerons pas du tout. A contrario, nous avons été quelques fois surpris (sans pour cela trouver cela choquant) de la violence de certaines scènes. Si l’on comprend aisément qu’il s’agit de petits bonhommes en polymère, le doute reste entier quant à la capacité d’un bambin à le dissocier de la réalité.

En résumé, La Grande Aventure Lego est une réussite scénaristique, technique et marketing. Un long métrage empreint d’humour sur fond de nostalgie.

Matthieu Matthys
A propos Matthieu Matthys 830 Articles
Directeur de publication - responsable cinéma et littérature du Suricate Magazine.

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