George Kaplan jusqu’au 4 décembre à La Balsamine

De Frédéric Sonntag. Mise en scène de George Cagna, George Cheverry, George Dehasseler, George Garnier-Fourniguet, George Texier. Du 26 novembre au 4 décembre 2019 au Théâtre de La Balsamine. Crédit photo : Hichem Dahes

George Kaplan est tout le monde et personne, il est à la fois l’autre et soi-même, il est multiple, il est défini et indéfini, George Kaplan est celui qui traverse toute la pièce sans jamais se faire voir mais en étant partout présent.

Qui est George Kaplan ? Pour les activistes du GGK, groupuscule qui tente de dénoncer les dysfonctionnements du milieu de la communication et de la culture, c’est à la fois une arme et une fin en soit. C’est une figure mythique à façonner et à léguer à tous pour en faire un levier de rébellion.

Pour ce groupe de scénaristes réunis par un mystérieux commanditaire, ce n’est ni plus ni moins qu’un personnage fictif potentiel, un héros de guerre ou d’espionnage. Pour ces personnes haut placées, ce gouvernement invisible et influent, George Kaplan est une menace qui pèse sur la société, c’est une menace à éradiquer ou une arme de manipulation massive.

Alors qu’il n’y a que ce fameux monsieur Kaplan qui semble relié ces trois groupes, une lecture plus fine s’opère et bientôt les liens et les effets miroirs se découvrent. Si l’idée est agréable, on pourra regretter peut être une lecture beaucoup trop facilitée, manquant d’un peu de remue-méninge, ayant tout trop vite sur un plateau de compréhension. Mais l’intention première de la pièce est respectée et d’une très belle manière. Le contrat de la mise en abime théâtrale est respectée et bien jouée, soutenue par cinq acteurs caméléons qui parviennent à apporter à chaque personnage à la fois une identité propre et collective forte.

George Kaplan questionne les notions d’identité collective mais aussi les difficultés que tout groupe rencontre dans la création d’un projet commun. En adaptant le livre au théâtre, le collectif RZ1GK joue le jeu et tente lui aussi l’expérience de la création et de l’identité collective. Le collectif dissèque d’un côté toutes les complications qui surviennent dans la mise en place d’un projet commun sans chefs et de l’autre il expérimente lui-même ce qu’il observe.

Elodie Kempenaer
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Journaliste