Etre(s) ou le jardin d’Eden à La Balsamine

Ecrit et mis en scène par Céline Orhel, avec Philippe Grand’Henry, Fabien Magry, Anaïs Moreau, Anna Moysan, Adeline Rosenstein

Les 31 mars et 1er avril 2015 à 20H30 à La Balsamine

Adam et Eve, on connaît bien. Eve tendit la pomme à Adam, Adam commit le pécher et ils furent expulsés du jardin d’Eden à jamais. Ici, la pomme n’est plus une pomme et Dieu n’est plus tout à fait Dieu non plus. D’ailleurs, le jardin d’Eden ressemble furieusement à un supermarché tout ce qu’il y a de plus javellisé, la pomme se boit parce que c’est un soda green, et Dieu porte une casquette style fast-food, des baskets à roulettes et sert les clients venus se protéger d’une chaleur caniculaire.

Un couple arrive et discute de leur enfant qui doit naître mais qui sera différent, probablement handicapé. Mais pas de problème puisqu’on peut faire le nécessaire. Maintenant, on peut choisir et tant pis pour ce l’oncle, différent lui-même, qui bientôt vivra dans un monde sans différence.

Etre(s) ou le jardin d’Eden est une étape laboratoire pour Eden Expérience(s) un spectacle qui se donnera en 2016. Ce qu’on nous donne à voir donc c’est une esquisse, un brouillon, comme si nous entrions dans un labos de création pour observer comment se fabriquent les productions de demain. Et le résultat est intéressant.

Céline Orhel explore notre nouveau rapport à l’humain dans un monde où ne sommes plus que des machines. Certes, le texte en dit trop et manque encore de subtilité. Les intentions s’imposent plus qu’elles ne se devinent et le symbolisme est présent comme le nez au milieu de la figure mais son concept est pertinent et mérite bien qu’on y consacre un spectacle.

Si on considère Etre(s) ou le jardin d’Eden comme le départ d’un travail, on ne peut s’empêcher d’être curieux de la suite d’autant plus que les moyens utilisés sortent du cadre strictement théâtral. Des écrans diffusant des images de nature viennent jouer sur cette dualité homme/machine déjà installée par le jeu des comédiens qui bougent, agissent et parlent comme des robots, un peu trop même. Un spectacle en devenir qui s’annonce sous de très bons auspices.

Mathieu Pereira
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