Devendra Banhart : Ape in the Pink Marble

Dès les premières notes du nouvel album de Devendra Banhart, l’auditeur a l’impression d’être en présence d’un disque perdu de Nick Drake. La voix est posée, la guitare claire, les arpèges légers et raffinés. De temps à autre, quelques notes électrisées émergent du silence habité par l’artiste et l’on entend encore quelques discrets bruits de vagues au loin. Les morceaux suivants emprunteront ce chemin pour s’inscrire dans un album résolument folk et apaisé, quelques fois même teinté de mélancolie.

Bien loin de ses précédents succès comme le psychédélique Carmensita dans lequel on pouvait voir se déhancher la belle Natalie Portman, du délire sadomasochiste Foolin’ ou du désormais célèbre Feel like a child immortalisé par Renault pour la promotion de son Scenic en 2006, ce nouveau disque dévoile une autre facette de l’artiste, plus posée, et dénote par rapport à l’image que l’on se fait généralement de celui-ci.

Si Middle Names, le premier morceau de l’album peut faire penser à ce qu’avait pu faire Nick Drake en son temps, il est encore possible de songer à Lou Reed et son Sad Song à l’écoute de Celebration, la quatrième piste du disque.

Mais Devendra Banhart n’est finalement comparable à aucun autre musicien, et le style bien personnel de l’artiste fini vite par transparaître, délaissant les fantômes de Drake et Reed. Banhart fait partie de ces artistes capables d’insuffler une personnalité particulière à leurs compositions et en faire des œuvres finalement comparables à nulles autres. C’est pourquoi il est possible que certains restent hermétiques à cet univers.

Mais c’est justement là que réside la grande force de Ape in the Pink Marble, car cet album a la capacité de faire taire les dernières réticences pour attirer un public nouveau, jusqu’ici étranger à l’artiste. Les pistes telles que Saturday Night, Jon Lends a Hand, le plus original Fancy Man ou le superbe Lucky sont là pour enfoncer le clou et séduire jusqu’au plus néophyte des auditeurs.

En somme, ce nouvel album de Devendra Banhart constitue une véritable réussite dont il semble difficile de se lasser !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 142 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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