Only lovers left alive de Jim Jarmusch

only lovers left alive affiche

Only lovers left alive

de Jim Jarmusch

Drame, Romance

Avec Tilda Swinton, Tom Hiddleston, Mia Wasikowska, John Hurt

Sorti le 19 février 2014

Critique :

Sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes de 2013, le dernier film de Jim Jarmusch raconte l’histoire de deux vampires. Amoureuse de la vie, Eve (Tilda Swinton) vit à Tanger, tandis qu’Adam (Tom Hiddleston) traîne son spleen dans la ville abandonnée de Détroit.

Lors d’une conversation, sentant son partenaire séculaire déprimé par ce que les hommes font du monde, Eve décide de rejoindre Adam dans le Michigan. Les deux amants se retrouvent avec une grande tendresse, échangeant anecdotes du temps passé, considérations mycophiles et repas à l’hémoglobine. L’arrivée d’Ava, la petite sœur mutine et immature d’Eve, chamboule leur confortable quotidien.

Only lovers left alive est avant tout un film d’ambiance et, en ce sens, est réussi. La bande originale est envoûtante, avec notamment des titres résultant de la collaboration de Jim Jarmusch et Jozef Van Wissem, compositeur et luthiste néerlandais. Les deux artistes avaient déjà collaboré pour deux albums, dont le deuxième, The Mystery of Heaven incluait la présence d’une certaine Tilda Swinton. Ajoutez au film quelques oldies but goodies ayant fait leur preuve : Funnel of love de Wanda Jackson (déjà entendu dans Entourage) ou Can’t hardly stand it de Charlie Feathers (entendu dans Kill Bill Vol.2 et le jeu vidéo Grand Theft Auto V) et la bande-annonce est jouée.

La mise en scène et les décors témoignent du poids des siècles accumulés par les deux personnages. Eve vit dans un décor oriental peuplé de livres – les amoureux de la cultissime bibliothèque de La Belle et la Bête de Disney apprécieront – tandis qu’Adam collectionne les instruments de musique dans un laboratoire de composition d’oraisons funèbres underground.

C’est que ces deux personnages, nommés non pas d’après la Bible, mais d’après The Diaries of Adam and Eve de Mark Twain, ont eu des siècles pour accumuler du savoir. Ils connaissent les noms latins de la faune et de la flore, ont côtoyé Mary Shelley, l’auteur de Frankenstein, et le célèbre poète romantique Lord Byron, et ils ont pour ami le dramaturge et poète élisabéthain Christopher Marlowe.

Malheureusement, malgré le déploiement de cette agréable et érudite atmosphère, Only lovers left alive est plutôt soporifique. Il ne se passe pas grand-chose dans ce film entièrement nocturne – histoire de vampires oblige. Remplaçant Michael Fassbender au départ pressenti pour le rôle, Tom Hiddleston tient la distance face à une Tilda Swinton posée et juste. Cependant, même s’ils forment un beau couple au look de rock-stars blasées, leur interprétation ne compense que moyennement l’embryon d’intrigue. Les seuls rebondissements se résument à quelques touches d’humour çà et là, ainsi qu’à la courte performance de Mia Wasikowska dans un rôle agaçant à souhait.

À défaut d’être captivé par ce film indie, on en appréciera (à petite dose) l’atmosphère et on se réjouira d’avoir vu la maison du pote de Jarmusch, un certain Jack White.

Elodie Mertz
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Journaliste du Suricate Magazine