Coup de chaud : une France profonde sous la canicule

coup de chaud poster

Coup de chaud

de Raphaël Jacoulot

Policier

Avec Jean-Pierre Darroussin, Grégory Gadebois, Karim Leklou

Sorti le 23 décembre 2015

Au cœur d’un été caniculaire, dans un petit village à la tranquillité apparente, le quotidien des habitants est perturbé par Josef Bousou. fils de ferrailleurs, semeur de troubles, il est désigné par les villageois comme étant la source principale de tous leurs maux jusqu’au jour où il est retrouvé sans vie dans la cour de la maison familiale.

C’est une histoire poignante dans laquelle Josef Bousou, fils de gitans en marge d’un village d’agriculteurs, est difficilement accepté du fait de son léger handicap qui induit chez lui des comportements inquiétants, incontrôlables et parfois dérangeants.

Ce long métrage aborde toutefois plusieurs thèmes comme le problème de la désertification des campagnes françaises, mais aussi les difficulté rencontrées par les agriculteurs d’aujourd’hui ainsi que la difficile intégration des étrangers dans ces villages reculés. On nous conte aussi un peu l’humanité, souvent avide de normalité et peu encline à la différence et à la tolérance d’un être pas comme les autres. Cette intransigeance peut mener à des drames.

Le rôle de Josef est brillamment interprété par Karim Leklou : il est vraiment flippant, troublant, à la fois victime et parfois aussi coupable de petite délinquance. Jean-Pierre Darroussin, quant lui, traverse le film passivement, presque comme un figurant, c’est dommage.

S’inspirant d’un authentique fait divers, lors d’un été caniculaire, les premières images du film nous livrent l’issue du récit, et pourtant, le spectateur se trouve entraîné dans un huit clos oppressant où l’intrigue reste bien présente jusqu’à la fin du scénario. Le spectateur est tenu en haleine, même s’il connaît une partie de l’épilogue.

Un film assez noir à l’action lente où l’ambiance est lourde, tendue et ponctuée de portraits de personnages assez caricaturaux. Dans Coup de chaud, il n’y a pas d’humanité palpable ni d’empathie envers son prochain et le faible finit dans la case martyr.

Pas vraiment un film divertissant au sens littéral du terme mais plutôt une représentation d’un microcosme qui reflète la réalité de la vie et des faits divers dans les campagnes reculées de la France.

Inès Bourgeois
A propos Inès Bourgeois 37 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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