Chips, série limitée

Chips

de Dax Shepard

Comédie, action

Avec Michael Peña, Dax Shepard, Vincent D’Onofrio, Rosa Salazar, Jessica McNamee

Sorti le 22 mars 2017

Depuis les années 90, la question de l’adaptation cinématographique de séries télévisées cultes fait toujours autant débat, entre les fans des séries respectives qui ne veulent pas que l’on touche à l’objet de leur adoration – souvent lié à leur enfance – et les défenseurs d’une « trahison » salutaire au matériau d’origine, afin de créer quelque chose de neuf. Cette version « rebootée » de la série des années 70-80, Chips, ne fera pas exception à la règle.

On y retrouve les deux protagonistes de la série, les officiers Baker et Poncherello dit « Ponch » – bien évidemment incarnés par d’autres acteurs –, écumant les routes californiennes à bord de leurs motos de patrouille. La petite variante étant que Poncherello est ici un agent du FBI, infiltré pour débusquer des ripoux au sein du CHP (California Highway Patrol). Le tout étant largement plus orienté vers un ton de comédie que le Chips original.

Le principal reproche qui est apparemment fait au film par les fans inconditionnels de la série est que, contrairement à ceux de celle-ci, les personnages n’hésitent ici jamais à sortir leur arme et à tirer à tout va, ce qui ne fut jamais le cas en cinq saisons d’antenne. Même pour quelqu’un qui n’en a que de vagues et très lointains souvenirs, il faut bien admettre qu’il ne semble plus rester grand-chose de l’esprit de la série – à part l’aspect « buddy movie » – dans cette adaptation entre potacheries et action décérébrée.

Mais qu’importerait finalement si le résultat présent remplissait un certain cahier des charges d’efficacité minimum que l’on attend de ce genre de films. Malheureusement, force est de constater qu’indépendamment de la question épineuse de l’adaptation et de la fidélité au matériau de base, Chips « nouvelle mouture » souffre d’un cruel manque de rythme, d’un problème de balance entre la comédie et l’action, et d’une absence assez flagrante d’alchimie et de coordination entre les deux têtes d’affiches (Dax Shepard et Michël Peña), dont on ne sait trop lequel est censé être l’auguste et lequel le clown blanc.

Si l’on ajoute à ça un humour répétitif et assez lourdingue tournant souvent autour du rapport ambigu des personnages à l’homosexualité et à l’homophobie, Chips accumule l’air de rien les tares qui feront s’en désintéresser jusqu’aux plus indulgents des spectateurs. Le film n’est pas catastrophique en soi, mais semble ne s’adresser à personne en particulier, ni aux connaisseurs de la série, ni aux néophytes amateurs de comédie ou d’action.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine