Captive State, peu captivant…

Captive State
de Rupert Wyatt
Science-fiction, Thriller
Avec Ashton Sanders, John Goodman, Vera Farmiga

Chicago, 2027. Neuf ans après l’invasion de la terre par des armées extraterrestres, la résistance tente de repousser l’occupant. À la suite d’un attentat réussi, les forces de police chercheront à intercepter les résistants et leur leader, « Numéro 1 ».

Imaginant ce qui aurait pu se passer si les tripodes de La Guerre des Mondes de Wells avaient réussi leur entreprise de conquête, Captive State établit un univers dans lequel les humains ont été assujettis par des extraterrestres. Ces derniers ayant mis en place tout un système policier dans lequel des élites collaborent à leur entreprise de domination face à des classes modestes livrées à elles-mêmes et contraintes à la résistance, ce nouveau film de Rupert Wyatt trouve son originalité dans l’exposition d’un régime totalitaire extraterrestre.

Ainsi, Captive State va mobiliser toutes sortes de références bien ancrées dans notre imaginaire. Lors des conversations privées, les protagonistes mettront la chanson Stardust de Nat King Cole afin de brouiller les mises sur écoute, rappelant ainsi des procédés utilisés avant 1989 pour tromper la Stasi à l’Est du Mur de Berlin.

Dans cette même logique mêlant totalitarisme, espionnage, histoire et littérature, nous penseront encore au 1984 de George Orwell pour toutes sortes d’éléments comme ces mises sur écoute ou l’encouragement de la dénonciation auprès de certains habitants. Outre cela, diverses séquences d’interrogatoire rappelleront encore le célèbre L’Aveu d’Artur London, adapté au cinéma par Costa-Gavras en 1970.

Mais au-delà de son originalité thématique, de ses références et de son esthétique, Captive State peine à trouver son rythme et à captiver le spectateur. Les interprétations sont bonnes et l’intrigue dispose de retournements intéressants jusqu’à son dénouement. Malgré cela, les problèmes de rythme, de montage et l’intrigue parfois alambiquée pourront plonger le spectateur dans la confusion. On sortira ainsi de la salle habité par un sentiment étrange, partagé entre l’envie d’apprécier ce film, la déception et l’incompréhension.

A propos Alexandre Alvarez 187 Articles
Journaliste du Suricate Magazine