L’année zéro, devenir père à 50 ans

Détail extrait du roman graphique « L’année Zéro » de Frenk Meeuwsen (Anspach, 2022)

Couverture du roman graphique « L’année Zéro » de Frenk Meeuwsen (Anspach, 2022)

Scénario et dessin : Frenk Meeuwsen
Éditeur : Anspach
Sortie : 9 mars 2022
Genre : Roman graphique, Témoignage

L’année Zéro est un roman graphique partiellement autobiographique sur les joies et les doutes d’un homme de 50 ans qui s’apprête à devenir père. Avec humour et tendresse, sans forcément se donner le beau rôle, le (futur) pas-si-jeune papa évoque en quatre parties sa décision d’avoir un enfant, le stress de la grossesse, l’accouchement, et enfin le retour à la maison.

Assumer une paternité tardive

Alors qu’en Europe occidentale les femmes ont des enfants de plus en plus tard, les craintes concernant les risques de la parentalité tardive (problèmes de fertilité, risques de malformations…) n’épargnent pas les hommes. À près de 50 ans, même si sa compagne Zaza a 20 ans de moins que lui, Frenkel, un dessinateur amstellodamois, alter ego de l’auteur-dessinateur, se résout enfin à admettre son désir d’enfant : il veut être papa. Mais, avant même que Zaza ne tombe enceinte, il angoisse : Est-il encore fertile ? Sera-t-il à la hauteur ?

Au fil des quatre chapitres, Frenkel évoque ses doutes à travers des épisodes de rêves éveillés aux accents freudiens. Représentés en bichromie avec des effets de « gribouille » qui contrastent avec le trait doux et les couleurs variées des scènes de la vie quotidienne du couple, ces rêves-cauchemars illustrent assez bien l’effet de yoyo que connaissent beaucoup de futurs parents dans l’attente d’une naissance. De nouvelles peurs apparaissent, parfois irrationnelles, tandis que la perspective de devenir une famille génère en même temps une sorte d’euphorie.

Derrière le bonheur d’être parent, gérer la peur et la douleur

Sans idéaliser aucunement le parcours des futurs parents, L’année Zéro a le mérite d’aborder les différentes étapes qui mènent à la naissance du point de vue du père. Frenkel se trouve ainsi souvent démuni face au monde médical et aux proches qui se préoccupent avant tout de l’état de la future maman. Parfois un peu égocentrique mais malgré tout désireux de soulager Zaza au maximum, il cherche les moyens d’exprimer son empathie face à la douleur de sa compagne : celle de la grossesse (crampes, nausées…), celle de l’accouchement (en l’occurrence, par césarienne, laissant Zaza très affaiblie plusieurs semaines après l’arrivée de leur bébé), et enfin celle de l’allaitement et du manque de sommeil les premiers jours de retour à la maison.

Un récit touchant et authentique sur le passage du statut de couple à celui de parents.

A propos Soraya Belghazi 264 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine

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