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    [BIFFF 2026 Jour 7] Vous êtes pour ou contre l’humour de répétition ?

    La moitié du BIFFF, c’est une bascule. C’est le moment où nos esprits dérangés commencent à être contaminés par les horreurs qu’ils voient à longueur de journée. D’autant qu’en cette septième journée, le festival joue sur nos insécurités entre grossophobie, travail manuel, fascination morbide pour les aiguilles dans les yeux et humour de répétition. La seule chose qui ne sortira pas indemne de cette journée, c’est notre santé mentale.

    Saccharine : un film à avaler de travers

    On a tous sa définition de la perfection. La perfection qu’on doit atteindre. Moi, c’est devenir riche (oui oui, je suis de droite) pour racheter le Standard de Liège, virer tout le monde et ensuite engager uniquement des personnes incontinentes. Comme ça, ce sera officiellement un club de merde. Ensuite, avec le reste de mon argent, j’investis dans une entreprise de steaks vegans avec des morceaux de viande humaine et je rachète la Basilique de Koekelberg pour y installer les prochaines éditions du BIFFF. Rien de bien extravagant. Hana, elle, son idée de la perfection c’est d’atteindre 60 kilos et de pouvoir s’envoyer en l’air avec sa prof de gym. Tout de suite moins fun. Surtout que pour y arriver, elle va s’envoyer des pilules dont le contenu ne ferait même pas envie à Monkey D. Luffy. En effet, elle a réduit des parties de son sujet d’expérimentation en école de médecine, morbidement obèse, en cendre pour se les envoyer en pilule. Encore pire qu’un antidysleptique dont certains gosses se gavent dans des rave-parties. Sauf que le hic, c’est que le fantôme de la grosse Bertha (comme ils l’ont nommée affectueusement) vient la bouffer de l’intérieur et l’oblige à se gaver à longueur de journée. Mais le tout en maigrissant à vue d’œil.

    Alors, on ne va pas tourner autour des pendules à l’heure, ce Saccharine arrive avec ses gros sabots et sa morale, pertinente certes, mais qu’on voit venir à des kilomètres : les gros sont des êtres maléfiques. Comment ça c’est pas la morale du film ? Ok ok. Je voulais bien sûr dire : vouloir atteindre un physique socialement construit comme la norme pour combler le vide que l’on ressent n’arrive jamais à donner la plénitude attendue et peut mener à des habitudes alimentaires dangereuses voire à des troubles psychologiques et psychiatriques ou des psychoses. Entre pressions familiales conscientes ou inconscientes, diktat sociétal qui condamne la surcharge pondérale ou construction sociale d’une beauté fantasmée pour plaire, Saccharine nous balance tout cela sans beaucoup de subtilité mais avec efficacité. Le film a quelques longueurs (oserais-je dire largeurs ?) mais tient globalement la route jusqu’à une séquence de fin sortie un peu de nulle part qui vient ternir le tableau global. À noter tout de même quelques points intéressants comme l’absence totale de personnages masculins (mis à part un seul qu’on voit 30 secondes) sur tout le film. Manifestement une volonté de Natalie Erika James qui, en plus d’être logique dans la construction du film, apporte de possibles sous-textes supplémentaires. Cette injonction à la beauté et à la minceur a beau être une construction patriarcale de notre société actuelle, elle perdure même dans un contexte où les hommes sont absents. En bref, pas un mauvais moment mais sans grande originalité. Le fondant au chocolat dans un restaurant. O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : une grosse salmonellose vu l’alimentation de la madame.

    The Home, vol au-dessus d’un nid de cocus !

    Ce jeudi, au BIFFF, c’était au tour de James DeMonaco de venir défendre son nouveau film, lui qui reste sur la gloriole de la saga American Nightmare (The Purge). Et qui dit grosse attente des BIFFFeurs, dit grosse file à l’entrée de la salle, dont quelques jeunes insouciants fraîchement sortis du berceau ayant profité de l’action Born After… Shrek, c’est-à-dire gratos pour les moins de 25 ans.

    The Home, c’est l’histoire de Max (incarné par Pete Davidson), délinquant spécialisé dans le vandalisme bas de gamme, qui doit choisir entre prendre un abonnement pour la cellule VIP dans la prison la plus proche ou un job de concierge dans une maison de retraite. Contre toute attente, et probablement contre tout bon sens, il opte pour la deuxième option. A peine arrivé, Max constate que le deal de viagra est bien implanté et que la libido des vieux n’a, elle, pas pris sa retraite (bis repetita, voir la Vieja Loca). Les soirées à l’hospice ressemblent dès lors davantage à une scène de Cocoon version BDSM qu’aux tournois de dominos chez Olivier. Quant à celles et ceux qui osent fantasmer sur Samuel Etienne ou Michel Drucker, DIRECTION LE QUATRIEME ETAGE ! Etage évidemment interdit à Max, ce dernier étant trop jeune pour regarder Michel Drucker.

    Pour son ambiance, ce The Home se laisse regarder sans déplaisir, mais ne restera pas dans les annales du BIFFF. Certes, la fin a permis au public présent d’hurler comme il se doit ; Certes, les ponctions oculaires ajoutent ce soupçon de dégout indispensable à toute vision horrifique ; Mais soyons honnêtes : ça manque de fond. Le scénario, comme sa mise en scène, aurait mérité un peu plus de soin et d’ambition. Comme vous nous connaissez, on va spoiler intelligemment. Disons donc que The Home, c’est l’histoire d’une parabiose hétérochronique remettant au goût du jour le mythe de l’adénochrome « prélevé de la glande surrénale d’un corps humain vivant » comme l’a si bien popularisé le Dr Gonzo dans Las Vegas Parano de Terry Gilliam, en version ici complotiste et élixir de jouvence. Dans le même délire, on lui préférera largement A Cure for Wellness de Gore Verbinski ou dans un registre différent, l’excellent Get Out de Jordan Peele.

    Et ouais mon gros, on ne raconte pas que des conneries au Suricate ! Comme le dit si bien Pierre Palmade : le chemsex, c’est la (prison de la) santé ! M.M.

    Animal attrapé pour le BIFFFodex : un morpion empaillé

    The Restoration at Grayson Manor : Bienvenue chez la famille McAdams

    Être la déception de la famille, ce n’est jamais facile. Alors être bisexuel dans une famille d’horribles nobles ultra-traditionnels et se faire couper les mains par un miroir en sauvant sa mère homophobe et acariâtre qu’on haït, c’est…déconcertant. Et pourtant, Boyd est toujours prêt à donner un coup de main à son prochain, le pauvre. Lui qui avait la main sur le cœur se retrouve obligé de compter sur sa mère pour son avenir. Et quand tes plus grands plaisir dans la vie sont la coke, le piano et ramener des coups d’un soir dans ton manoir pour faire chier ta mère, ce n’est pas facile de tomber entièrement entre les mains de celle-ci. Surtout quand elle n’a qu’une obsession : avoir un petit-fils pour que la lignée perdure. Et elle est prête à tout pour ça, quitte à avoir du sang sur les mains.

    Dans un élan de reconnaissance, la mère de Boyd va même faire des pieds et des mains pour engager les meilleurs scientifiques afin de fournir de nouveaux appendices à son fiston. Est-ce que tout cela est désintéressé et dans le seul but d’offrir du bonheur à son fils ? On n’y mettrait pas sa main au feu.  D’autant que les spécialistes en question n’ont pas l’air d’avoir la situation bien en main. Entre un génie incompris pris la main dans le sac dans de sordides histoires, une ancienne paraplégique qui a la main lourde sur les psychotropes et un infirmier aux mains baladeuses, on est plus sur le casting de la Suicide Squad que de la team du Dr House. Boyd va donc devoir apprendre à se prendre en main tout seul…avec peut-être un petit coup de pouce.

    Avec son ton acéré et son rythme à la fois glauque et irrévérencieux, ce Restoration at Grayson Manor fait penser à un sequel de la Famille Adams avec une colorimétrie plus joyeuse.  On apprécie particulièrement la performance des acteurs qui arrivent à donner vie à cette fresque entre le sordide et le 300ème degré en un tour de main. C’est sûr, le film de Glenn McQuaid ne plaira pas à tout le monde car il a un parti-pris très clair dans son ton mais il nous emmène dans son univers sans jamais nous forcer la main et pour nous, ça fait mouche. Et puis, c’est le genre de film qui nous fait prendre conscience qu’au final, notre bonheur est à portée de main. O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : Rhawzi, le chat de mon ex à qui il manque une patte et demi et qui s’est pris un camion en pleine poire.

    Gosh !! : Et moi j’connais une chanson…

    S’il y a bien une chose que tous mes amis et mes proches sachent, c’est que je déteste l’humour de répétition. À une exception près : quand on répète une blague. Ça j’aime bien.

    Voir Gosh !! en séance de 00h30 c’était donc pour moi une épreuve qui confinait au supplice. Pourquoi ? Mais parce que j’ai rien compris ! En même temps, quand tu vois le pitch du film de Joe Odagiri, tu sais clairement à quoi t’attendre. Et tu sais que tu vas avoir affaire à une œuvre qui fait par exemple de l’humour de répétition une mantra qui tiendra tout du long. Et ça tombe plutôt bien parce que moi, de mon côté, j’adore l’humour de répétition. Par contre, j’aime pas trop quand on répète des blagues, ça me saoule un peu.

    Entre un berger allemand lubrique, un super bénévole qui a l’esprit d’un chien en lui, une policière qui s’évanouit à chaque fois qu’elle est surprise et des portes, beaucoup de portes, qui mènent à des endroits…déconcertants, ce Gosh !! nous emmène directement dans un univers bien à lui. Un univers dans lequel on se laisse juste porter et où on essaie surtout de ne rien rationnaliser parce que rien n’est rationnel. Ou logique. Ou tout simplement compréhensible. Mais par contre, tout se répète. Et ça tombe plutôt mal parce que moi, l’humour de répétition c’est vraiment un humour auquel je ne suis pas sensible du tout. La seule exception à cette règle, c’est quand on répète une blague. Là j’aime plutôt bien. Pourquoi ? Mais parce que la répétition d’un point bien précis dans un film, un sketch ou tout autre chose provoque chez moi une sensation entre l’agacement et le rire mais qui se transforme très vite en amusement. Là où l’humour de répétition ne me touche pas du tout, répéter une blague ou une situation cocasse arrive à me faire rire de par l’absurdité inhérente au procédé comique. C’est pour ça que j’adore l’humour de répétition. En revanche, il y a un point qui me met toujours mal à l’aise et que je n’aime pas, c’est quand on répète plusieurs fois une blague ou une situation. Personnellement, ça ne me fait pas du tout rire. Je dirais même que ça provoque chez moi une envie pressante de détourner le regard et de me trouver ailleurs. En un mot comme en cent, c’est la gêne. Mais je suppose que ça dépend vraiment des personnes. Par exemple, certaines personnes aiment l’humour de répétition et d’autres ne l’aiment vraiment pas. Moi, de mon côté, c’est un style d’humour auquel je ne suis pas du tout sensible. Ça me laisse froid. De marbre. Ça ne me touche pas. Je reste hermétique à ce genre de chose. Je veux dire que ça m’est complétement égal. Je m’en moque éperdument. Je m’en fous royalement. Je pourrais même affirmer que je m’en bats les steaks. C’est un point avec lequel je garde mes distances parce que je ne me sens pas concerné.

    Tout le contraire de l’humour de répétition. Parce que tous mes amis et mes proches le sachent, c’est que j’adore l’humour de répétition. À une exception près : quand on répète une blague. Là, ça me saoule. Et vous, vous êtes pour ou contre l’humour de répétition ? Envoyez vos réponses par mail à matthieumatthys@lesuricate.org. O.Eg.

    Animal attrapé pour le BIFFFODEX : un berge allemand lubrique et libidineux.

    Olivier Eggermont et Matthieu Matthys

    Olivier Eggermont
    Olivier Eggermont
    Journaliste du Suricate Magazine

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