Tout doit être splendide
Auteur : Sasha Marianna Salzmann
Éditeur : Christian Bourgois
Date de parution : 05 février 2026
Genre : Roman
Dans le très beau documentaire, Marioupol, trois femmes et une guerre, la réalisatrice ukrainienne Svitlana Lishchynska nous parlait de la construction des identités et de la façon dont celle-ci pouvait être façonnée par des événements que les protagonistes n’avaient eux-mêmes pas vécu. Dans Tout doit être splendide, Sasha Marianna Salzmann, metteur en scène, dramaturge et autrice, évoque la manière dont la désintégration de l’Union Soviétique a changé radicalement la vie de ses habitants et comment des liens indissolubles peuvent unir des générations par-delà les frontières et le temps.
Lena et Tatyana sont nées en Ukraine, en ex-URSS, mais la dissolution de l’Union soviétique les a amenées à Iéna, en Allemagne, où elles ont recommencé leur vie à zéro, élevé leurs filles Edi et Nina, et sont devenues amies. Pourtant, plus de vingt ans après, cette terre à laquelle elles se sont arrachées continue de les faire souffrir, tandis que leurs filles, désormais adultes, s’obstinent à ignorer son histoire et leurs origines. La fête d’anniversaire des cinquante ans de Lena les réunit à nouveau toutes les quatre : une occasion rêvée – ou cauchemardée – de faire face ensemble à ce qui les sépare, mais aussi à ce qui les rapproche.
Récit historique
Lire Tout doit être splendide permet d’une part de suivre le parcours de Lena, des années 1970 aux années 1990, des camps d’été des pionniers sur la mer Noire à la corruption et au népotisme pour obtenir une place en faculté de médecine, de la désintégration du système soviétique et du chaos qui en a suivi jusqu’à l’exil vers une terre promise qui se révèlera être également une terre d’injustice et de discriminations. C’est la partie documentaire/historique de l’ouvrage et celle-ci en vaut déjà la lecture.
Comment se crée l’identité?
De plus, et c’est aussi important, l’ouvrage décrit le déracinement des personnes migrantes, leurs joies et désillusions, leur rancœur mais également la difficulté de transmettre certaines valeurs à leur descendance, l’incompréhension qui se creuse entre les générations…
Récit d’un régime oppressif, Tout doit être splendide est également un ouvrage sur la difficulté de se recréer une identité après un traumatisme, sur le non-dit familial et l’impact qu’une dictature peut avoir sur des individus au-delà des générations.
