Quatre films au programme en ce dimanche de lendemain de Night mais malheureusement, tous les journalistes du Suricate suivaient une formation en droit des céphalopodes à disposer de leurs tentacules dans le cadre de la convention de Genève. Nous n’avons donc pu assister qu’à la projection de Kraken. Mais casse-lanetienne, nos journalistes à la verve légendaire vous ont chacun donné leur vision du film avec chacun leur vision de la créature. Alors, pour vous, c’est un poulpe, une pieuvre ou un calamar ? Votez dès maintenant au 3615 et gagnez peut-être un an de poulpe à la galicienne gratuits préparés par Le Suricate !

L’avis de Matthieu : le Kraken, c’est un calamar
En Norvège, il n’y a rien à foutre. Comment ça, c’est pas vrai ? Vas-y, donne-moi le nom d’un monument à voir en Norvège ? Ah tu vois… En Norvège, même les saumons s’ennuient ! Et comme ils s’ennuient, ils tournent en rond à la queuleuleu à 200.000 dans une piscine et qui dit promiscuité dit poux, comme tes enfants à la rentrée des classes !
Et pour lutter contre les poux de mer, des solutions existent mais elles sont onéreuses. Et c’est tout le sujet de ce Kraken. Kraken, c’est donc l’histoire d’une ferme à saumons dirigée par un gars – John « Olaf » Hammond – qui a dépensé sans compter pour avoir l’exterminateur à poux dernier cri et offrir de nombreux sujets à sushis pour un géant japonais du secteur, INGEN Sushis. Tout cela ne plait guère à Ellie « Johanne » Sattler qui, en grande scientifique qu’elle est, alerte les employés sur le fait que non, ils n’en garderont jamais le contrôle, c’est une illusion. Un employé s’en rend compte : Alan « Erik » Grant. Celui-ci décide de pas avaliser le parc à saumons de John « Olaf » Hammond. Mais l’autre employé, celui de la sécurité, Dennis « Erling » Nedry n’en n’a rien à foutre, lui il va mettre la gigadose d’ondes dans le fjord, quitte à réveiller le Cthulhu-Kraken et les Megapoux-raptors. Le Cthulhu-Kraken va alors tuer presque tout le monde puis voilà ! Comme quoi, la vie trouve toujours un chemin ! M.M.
Animal attrapé pour le BIFFFodex, un mégapou de calmar, car oui le kraken c’est un calmar. Loïc vous dira « ouais, mais non, tu vois c’est plutôt une pieuvre car il a la tête molle ». Olivier vous dira que « c’est pas faux, mais il ressemble plus à un poulpe et attention je n’ai rien contre les calamars, j’ai moi-même un pote calamar ». Déjà, c’est un calmar Olivier, pas un calamar. Un calamar, c’est tout blanc et ça vit en rondelle !

L’avis de Loïc : le Kraken, c’est une pieuvre
Il faut savoir que ce débat est de ma faute. A force de me gaver de contenus plus ou moins culturels à longueur de journée, je finis par trop réfléchir. Tout l’inverse de la plupart des films que l’on retrouve dans un festival de cinéma de genre. Si hier, j’ai comparé les films américains avec les bières belges industrielles, c’est à la suite d’une vidéo sur les origines de la Leffe et la Grimbergen par le YouTubeur spécialisé dans la bière Jivay. S’il y a maintenant un débat sur les céphalopodes, c’est suite à une vidéo qui explore les termes littéraires qui ont donné un nouveau nom à certains animaux. Le plus connu étant le renard qui est le nom du goupil dans Le Roman de Renart. Mais je ne savais pas que la pieuvre était un terme inventé par Victor Hugo lors de son exil sur l’île de Guernesey. Mais on a pas le temps… Si ? Alors je vous explique, Victor Hugo a été contraint de s’exiler hors de France après avoir protesté contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Sous le faux nom de Jacques Firmin Lanvin… Ça vous ennuie ? Bon, sachez qu’après ça, il est passé en Belgique, sur l’île de Jersey et ensuite sur l’île de Guernesey. Et là bas, il se faisait tellement iech qu’il a beaucoup écrit, surtout Les Misérables mais aussi Les Travailleurs de la mer où il utilise le mot pieuvre, sûrement issu de l’argot local.
Tout ça c’est bien joli mais si mon rôle est bien de vous cultiver (ça c’est fait), il faut aussi vous parler du film ! Pour ma part, j’étais convaincu que j’allais voir un film catastrophe scandinave, comme on en a déjà vu plusieurs au BIFFF. en plus, ils sont souvent de qualités. Effectivement, durant la première moitié du film, les codes du film catastrophe sont bien respectés mais quand la bestiole attaque, ça dérape. Au lieu d’avoir des humains qui luttent contre la menace d’un animal qui ne fait que se défendre maladroitement face à ce qui lui arrive, on a plutôt droit à des tentacules bien vénères qui pénètrent à l’intérieur d’un bâtiment pour attraper des proies et à des sortes de morpions mortels qui s’infiltrent un peu partout. Pourquoi pas. Partons dans le côté plus horreur, à la manière de Jurassic Park (dont le film s’inspire ouvertement). Mais le film ne choisit pas et la partie avec le Kraken ne fonctionne pas vraiment, à mi-chemin entre le film catastrophe et l’horreur sans réussir réellement ni l’un ni l’autre. L.S.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX : vous vous demandez depuis au moins 35 lignes : le Kraken, c’est une pieuvre, un poulpe, un calamar, un calmar, une seiche ? En résumé, y a trois animaux dans ces 5 propositions : un qui a des bras, un qui a des tentacules et un qui a des tentacules et une coquille. Mais a priori, le meilleur moyen de les distinguer, c’est le nombre de bras/tentacules. Si y en a 8 c’est la poulpe/pieuvre, 10 c’est pour les autres. Perso, j’ai la flemme de compter leurs machins trucs donc je préfère me référer à la littérature et faire le même choix que Victor Hugo en utilisant le mot « pieuvre » !

L’avis d’Olivier : le Kraken, c’est un poulpe
Alors oui, je vous entends d’ici me dire qu’un poulpe et une pieuvre c’est la même chose. Mais je vais vous dire, je m’en tamponne de votre avis ! Parce que pour moi, on dit déjà « Poulpe à la galicienne » ou « poulpe à la plancha » et certainement pas « pieuvre à la plancha » ou « pieuvre à la galicienne ». Et la cuisine, c’est important ! Si vous voulez d’ailleurs ma recette de poulpe à la galicienne, je vous la mets en dessous de cette chronique. Mais trêve d’apartés gastronomiques, pourquoi est-ce un poulpe et pas une pieuvre ? Tout simplement parce que la pieuvre, c’est un animal qui ne peut être utilisé que dans les hentais ou dans les films à l’esprit dérangés. Pas étonnant donc que Loïc soutienne que c’est une pieuvre. Croyez en donc mon expérience en la matière et la jurisprudence de Octopussy 11 : the Revenge of the eleventacles, on y décrit de manière très imagée les raisons pour lesquelles les pieuvres sont des monstres pervers et fornicateurs du démon. Pour l’anecdote, c’est d’ailleurs une des pieuvres de Octopussy 7 qui joue dans Fuck My Son ! Oui oui, tout est lié je vous dis !
Mais du coup, pourquoi est-ce un poulpe et pas une pieuvre dans Kraken ? Mais tout simplement parce que c’est un film norvégien. Et vous avez déjà vu un film norvégien avec du second degré vous ? Non non, Dead Snow ça compte pas, c’est des nazis donc t’es obligé de faire du seconde degré sinon ça devient un film suprématiste. Contrairement aux Japonais qui nous sortent des trucs totalement absurdes, les Norvégiens ils te mettent une production carrée où tu n’as pas un poil de tentacule qui dépasse. Et Kraken, c’est ça. On suit au millimètre près les codes du film de gros monstre. Mise en place des personnages/séquences éparses où on voit qu’il y a une grosse bestiole qui tue des gens sans la voir complètement/révélation de l’existence de la bestiole/attaque des héros/révélation de la bestiole en entier/conclusion. Et vu que c’est rigoureux, c’est un poulpe. D’ailleurs, poulpe est le terme scientifique adéquat en biologie alors que pieuvre est plus ancien et populaire. La rigueur scandinave nous oblige donc à dire que c’est un poulpe, pas une pieuvre. CQFD. Drop the mic. O.Eg.
Animal attrapé pour le BIFFFODEX: un pouple bien entendu ! Un poulpe à la galicienne et pour le préparer, vous aurez besoin d’un d’un poulpe (1kg environ), 4 pommes de terre, 1 cuillère à soupe de Paprika fumé, 3 cuillères à soupe de Huile d’olive extra vierge, de la ciboulette, du poivre de cayenne, du sel, une échalote.
La préparation :
Commencez par nettoyer soigneusement le poulpe, en éliminant toutes les impuretés restantes. Placez-le dans une grande casserole d’eau bouillante. Une étape essentielle pour obtenir une texture tendre consiste à « effrayer » le poulpe : mettez-le dans l’eau bouillante et retirez-le trois fois avant de le cuire à cœur. Ce procédé permet au poulpe de conserver sa fermeté et de ne pas se désagréger pendant la cuisson. Faites ensuite cuire le poulpe à feu moyen pendant environ 40 à 50 minutes, ou jusqu’à ce qu’il soit tendre à la fourchette.
Pendant la cuisson du poulpe, éplucher et couper les pommes de terre en tranches épaisses et émincez les échalotes. Placer les pommes de terre dans une casserole avec de l’eau et du sel et les faire bouillir pendant environ 20 minutes, ou jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Une fois cuites, bien les égoutter et les mettre de côté.
Faites revenir l’échalote et ajoutez les pommes de terres pour les faire légèrement revenir à la poêle avec du poivre de cayenne.
Dans chaque assiette, placez une couche de tranches de pommes de terre et échalotes au fond. Ce sera le support idéal pour le poulpe. Ensuite, coupez le poulpe en fines tranches et placez-les sur les pommes de terre en veillant à ce qu’elles soient bien réparties.
Saupoudrez le paprika fumé et arrosez d’un généreux filet d’huile d’olive extra.
Si vous le souhaitez, vous pouvez garnir le plat de ciboulette fraîche hachée pour lui donner une touche de fraîcheur et de couleur. Servez immédiatement pour profiter pleinement de la saveur et de la texture de ce délicieux poulpe à la galicienne.
Et voilà !
Matthieu Matthys, Loic Smars et Olivier Eggermont
