9, rue Drouot d’Isabelle Yafil

auteur : Isabelle Yafil
édition : Albin Michel
sortie : novembre 2017
genre : roman

Rue Drouot à Paris, cette adresse vous dit certainement quelque chose ? Et pour cause, c’est là que se trouve l’un des plus célèbres hôtels des ventes du monde. Dans ce temple riche en vestiges d’époques révolues s’affairent quotidiennement initiés et amateurs d’art. Pour nous dévoiler les dessous de l’expertise et du marché de l’art, la romancière Isabelle Yafil nous a ouvert, dans son nouveau roman, les portes de cette institution parisienne.

La discrète Silvia vient d’être engagée comme assistante par Léonard Bernstein, un marchand d’art dont la renommée n’est plus à faire. Lassé de participer à l’ambiance des ventes, il envoie régulièrement Silvia chez Drouot sans pour autant lui transmettre son expertise. Projetée dans un monde dont elle ne connait pas les codes, la timide assistante va tenter de se faire une place dans le cercle très fermé des ventes aux enchères. De la mise en place des lots aux fins de vente en passant par la fièvre de la salle et les claquements de marteau, Silvia nous fait découvrir, à travers son regard de novice, les pans d’une des plus prestigieuses plaques tournantes du marché de l’art. Peu à peu, une complicité s’installe entre Bernstein et son employée. Mais cette dernière va être mise à l’épreuve le jour où une œuvre de grande valeur de la collection personnelle de son patron disparaît mystérieusement pour réapparaitre sur le marché. Bernstein soupçonne son ex-femme d’avoir fait main basse sur son tableau d’August Macke et compte vivement sur Silvia pour le récupérer…

Dans ce court roman à deux voix, Isabelle Yafil enchâsse le quotidien et les pensées de deux êtres solitaires que tout oppose et qui ne parviendront jamais vraiment à se rencontrer. Pour pénétrer le monde intérieur du singulier expert en art, l’auteure a opté pour une écriture sans ponctuation afin de mieux faire surgir ses idées vagabondes. Les parties dédiées à Silvia sont écrites dans une langue élégante et limpide. Faute d’une intrigue poussée et de personnages suffisamment développés, le roman manque un peu de souffle et d’envergure. Pourvu néanmoins d’une grande sensibilité, 9, rue Drouot a le mérite de nous entrainer dans un lieu mythique tout en évoquant le lien inextinguible qui peut parfois unir un amateur d’art à une œuvre.

Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 132 Articles
Journaliste du Suricate Magazine